« Un tournant, non, une nouvelle phase, oui » – Mon interview dans L’Express

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview parue dans L’Express ce mercredi 28 novembre.

Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne.

Jean-Louis Bourlanges, ex-député européen, dit de la politique économique de François Hollande : tout était écrit, mais, comme dans les contrats d’assurance, les choses désagréables l’étaient en petit. Approuvez-vous?

La formulation de Jean-Louis, qui est un ami, est amusante, mais laisse penser qu’il y aurait eu une dissimulation light de notre part, ce qui n’est pas vrai. Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne. J’en prendrai deux exemples. D’abord, le choix du sérieux budgétaire. A aucun moment, ni en 2011 ni en 2012, François Hollande ne s’en est écarté. C’est sur ce mandat qu’il a gagné la primaire, puis la présidentielle. Ensuite, le pacte productif. C’était le premier chapitre de son projet présidentiel, la création d’une banque publique d’investissement étant la mesure no 1. Le pacte de compétitivité reprend à la fois la lettre et l’esprit de ces engagements. Mais il est vrai que nous avons trouvé une situation plus dégradée que prévu, et que nous avons dû réagir plus fort et mettre notre démarche en œuvre à un rythme soutenu.

Vous avez tout de même parlé d’une « révolution copernicienne » : qu’est-ce à dire?

La révolution copernicienne, ce n’est pas un reniement, ce n’est pas un virage, ce n’est pas un tournant par rapport à la campagne de François Hollande, mais un changement profond par rapport aux traditions des politiques économiques en France, y compris celles des socialistes. La gauche, ce n’est pas l’augmentation systématique de la dépense. Etre de gauche, ce n’est pas d’emblée redistribuer, mais c’est penser d’abord à produire. Nous sommes en train de sortir du vieux débat entre socialisme de la production et socialisme de la redistribution, en inventant une politique économique qui marche sur ses deux jambes. La demande, car le pouvoir d’achat et la consommation intérieure sont une composante majeure de la croissance française, mais aussi l’offre, sur laquelle nous mettons clairement l’accent. En affirmant le triptyque de notre politique économique – le sérieux budgétaire, l’engagement européen vers une intégration solidaire, la compétitivité -, ce gouvernement, avec son style, aura en six mois imprimé plus de changements que n’importe quel autre de ses prédécesseurs depuis des décennies.

Nous avons une méthode, elle est sociale-démocrate, c’est celle du dialogue.

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« En 2012, la gauche n’a pas le droit de perdre » – L’Express

Ce Chat est à retrouver sur le site de l’Express

Invité d’un chat sur LEXPRESS.fr ce lundi, l’ancien ministre socialiste, partisan de DSK, a souhaité une gauche combative et attractive.

juriste1: Pourquoi selon vous , DSK serait-il le meilleur candidat du PS pour l’emporter lors de l’élection présidentielle? Ce n’est pas parce que certaines personnes l’apprécient et le font savoir dans les sondages que cela constitue une preuve! De plus, il pourrait connaître des difficultés à expliquer aux Français comment peut-il paraître proche de leurs aspirationsconcrètes alors qu’il est au contact de la vie financière internationale depuis 4 ans maintenant?

Pierre MOSCOVICI: En 2012, la gauche n’a pas le droit de perdre l’élection présidentielle pour la quatrième fois consécutive. Je souhaite que nous nous donnions les moyens de l’emporter: l’unité de la gauche, un projet de qualité, un candidat rassembleur. Ma préférence est connue. Mais le temps des primaires s’ouvrira le 28 juin. D’ici là, il faut avant tout combattre la droite et défendre nos idées. C’est ce que pour ma part, je ferai sans relâche. Le temps des commentaires, bruits et rumeurs doit cesser.

hésitant: n’est-ce pas la même politique à gauche comme à droite? La preuve: M. Strauss-Kahn est directeur du FMI, en plus avec l’appui de Mr Sarkosy. Pouvez-vous m’expliquer? Bien entendu, je lirai votre livre. Merci beaucoup.

Pierre MOSCOVICI: Nous sommes confrontés à une même réalité: la place de la France dans l’Europe et la mondialisation semble décliner. La crise économique, financière, sociale est là, les finances publiques sont en difficulté. Mais alors que la droite mène une politique d’inefficacité et d’injustice, la gauche doit rendre l’espoir en proposant au pays un plan de redressement fondé sur l’investissement dans l’avenir et dans l’homme ainsi qu’une politique de justice, notamment fiscale. Nos valeurs et nos approches sont décidément différentes et quel que soit le candidat du Parti socialiste, il ménera une politique de progrès. Bref, il sera bien de gauche.

Nos valeurs et nos approches sont décidément différentes et quel que soit le candidat du Parti socialiste, il ménera une politique de progrès.

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