Mon interview par J-M Aphatie sur RTL ce matin : « le taux du Livret A passera à 1,75% »

A voir ci-dessous, la vidéo de mon interview par Jean-Michel Aphatie sur RTL ce matin. J’y ai abordé les sujets suivants : le taux du Livret A à 1,75%, le pouvoir d’achat des Français, l’accord sur une réforme du marché du travail, PSA, et la taxe à 75%.

Le script de cette interview :

 »  Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Pierre Moscovici,

Pierre Moscovici : Bonjour, Jean-Michel Aphatie,

Le gouverneur de la Banque de France vous propose de ramener au 1er février la rémunération du Livret A de 2,25 à 1,75. Suivrez-vous cette recommandation ?

Je suivrai cette recommandation ; et donc le taux du Livret A sera bien à 1,75%. Mais peut-être faut-il expliquer le processus.

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Urgences sociales

La crise financière, les sommets européens et la réduction des déficits sont au cœur de l’agenda estival. Ces questions exigent des réponses, et nous y travaillons depuis des mois. Pour autant, elles ne doivent pas nous faire oublier la crise sociale qui secoue notre pays : celle-là non plus ne connaît pas la trêve estivale. Or, pendant que Nicolas Sarkozy multiplie les effets d’annonce, d’autres drames se jouent en coulisse, qui affectent les plus vulnérables de nos concitoyens.

Ces dernières semaines, un évènement m’a particulièrement marqué : la réduction brutale des crédits du Samu social de Paris servant à financer l’hébergement à l’hôtel des familles sans-abri. La démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du Samu social nous a tous frappés. La situation dans laquelle la politique gouvernementale actuelle enferme le secteur de l’urgence sociale est telle que même un ancien ministre d’Alain Juppé n’a pu la tolérer. C’est dire.

C’est une tragique ironie politique que de voir qu’en période de crise, le pouvoir commence par réduire les crédits dédiés à ceux qui sont les premiers touchés par la période difficile que nous traversons. Est-ce ainsi que le gouvernement actuel pense répondre à la crise de la dette ? En sacrifiant les plus faibles, dans le silence général ?Ce choix politique confirme à ceux qui en doutaient encore que Nicolas Sarkozy est un président qui ne se préoccupe guère des exclus. La politique est affaire de choix – en termes de priorités, de publics, de moments – et Nicolas Sarkozy a fait le sien. Jamais auparavant un gouvernement n’avait décidé, de manière ainsi assumée et décomplexée, de laisser des familles et leurs enfants dormir dans la rue.

Est-ce ainsi que le gouvernement actuel pense répondre à la crise de la dette ? En sacrifiant les plus faibles, dans le silence général ?

Le gouvernement a beau jeu de renvoyer la responsabilité de ces décisions aux difficultés budgétaires : il a été, en la matière, un bien piètre gestionnaire du secteur de l’urgence sociale. Il justifie la baisse des crédits de financement des nuitées hôtelières par la forte croissance qu’avaient connu ces mêmes crédits les années précédentes ? Ce qu’il se garde bien de rappeler, c’est que les crédits ont progressé pour accompagner une plus grande précarité, mais aussi et surtout parce que le gouvernement a été incapable de mener une politique de long terme pour lutter contre le mal-logement et la grande pauvreté. Au lieu de financer des hébergements pérennes en nombre suffisant, il a ouvert des places temporaires dans des gymnases et utilisé l’hôtel comme une variable d’ajustement, finançant les familles en difficulté au jour le jour par l’intermédiaire du Samu social.

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