Trente ans après

10 mai 1981 – 10 mai 2011 : trente ans se sont écoulés, et c’est le moment pour la France, à commencer par la gauche et les socialistes, de se souvenir en mesurant le chemin parcouru, en tirant les leçons de l’histoire. Je veux moi aussi le faire.

j’avoue ne pas avoir été un fervent mitterrandiste

On sait d’où je parle. Quitte à déserter le « politiquement correct » du jour, j’avoue ne pas avoir été un fervent mitterrandiste. Je ne serai donc pas de ceux qui racontent « leur » 10 mai, ou leur parcours dans les années 70 – j’étais bien jeune, et plus à gauche que le Parti socialiste. Et mes divergences avec le Président socialiste sont trop connues pour que je les cache. Et pourtant aujourd’hui, sans céder à la nostalgie ou au culte de la personnalité, je veux évoquer ce jour, saluer cet homme, et dire ce qu’il a apporté à la gauche et au pays.

Et pourtant, j’ai voté pour François Mitterrand dès le premier tour en 1981, pas tant par adhésion à l’homme que parce que je sentais qu’il pouvait, avec ses amis, permettre enfin l’alternance, la respiration démocratique dont le pays avait tant besoin

Le 10 mai 1981 reste une date majeure dans l’histoire de la République et de la démocratie française. Le temps efface les aspérités, il a réhabilité le giscardisme. Mais les années qui précédaient l’alternance étaient dures, l’atmosphère du pays était peu respirable. La droite, divisée, conduisait le pays. La centralisation régnait en maître. L’audiovisuel était sévèrement contrôlé, le pluralisme était limité. Un climat d’affairisme prévalait, pendant que les inégalités se creusaient dans la crise. La France, depuis 1958, n’avait connu qu’un camp au pouvoir : celui des conservateurs. La seule modification de l’équilibre des forces s’était produite en son sein, avec l’élection du candidat libéral, Valéry Giscard d’Estaing, au détriment de clui des gaullistes, Jacques Chaban-Delmas, avec l’aide d’un certain… Jacques Chirac. J’étais alors un jeune lycéen, puis étudiant, davantage attiré par le trotskysme que par le socialisme. Et pourtant, j’ai voté pour François Mitterrand dès le premier tour en 1981, pas tant par adhésion à l’homme que parce que je sentais qu’il pouvait, avec ses amis, permettre enfin l’alternance, la respiration démocratique dont le pays avait tant besoin : je ne l’ai jamais regretté. Le 10 mai, j’ai participé avec allégresse à la liesse de la gauche, qui retrouvait la France : à soi seul, cela justifie une singulière reconnaissance envers François Mitterrand.

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« En 2012, la gauche n’a pas le droit de perdre » – L’Express

Ce Chat est à retrouver sur le site de l’Express

Invité d’un chat sur LEXPRESS.fr ce lundi, l’ancien ministre socialiste, partisan de DSK, a souhaité une gauche combative et attractive.

juriste1: Pourquoi selon vous , DSK serait-il le meilleur candidat du PS pour l’emporter lors de l’élection présidentielle? Ce n’est pas parce que certaines personnes l’apprécient et le font savoir dans les sondages que cela constitue une preuve! De plus, il pourrait connaître des difficultés à expliquer aux Français comment peut-il paraître proche de leurs aspirationsconcrètes alors qu’il est au contact de la vie financière internationale depuis 4 ans maintenant?

Pierre MOSCOVICI: En 2012, la gauche n’a pas le droit de perdre l’élection présidentielle pour la quatrième fois consécutive. Je souhaite que nous nous donnions les moyens de l’emporter: l’unité de la gauche, un projet de qualité, un candidat rassembleur. Ma préférence est connue. Mais le temps des primaires s’ouvrira le 28 juin. D’ici là, il faut avant tout combattre la droite et défendre nos idées. C’est ce que pour ma part, je ferai sans relâche. Le temps des commentaires, bruits et rumeurs doit cesser.

hésitant: n’est-ce pas la même politique à gauche comme à droite? La preuve: M. Strauss-Kahn est directeur du FMI, en plus avec l’appui de Mr Sarkosy. Pouvez-vous m’expliquer? Bien entendu, je lirai votre livre. Merci beaucoup.

Pierre MOSCOVICI: Nous sommes confrontés à une même réalité: la place de la France dans l’Europe et la mondialisation semble décliner. La crise économique, financière, sociale est là, les finances publiques sont en difficulté. Mais alors que la droite mène une politique d’inefficacité et d’injustice, la gauche doit rendre l’espoir en proposant au pays un plan de redressement fondé sur l’investissement dans l’avenir et dans l’homme ainsi qu’une politique de justice, notamment fiscale. Nos valeurs et nos approches sont décidément différentes et quel que soit le candidat du Parti socialiste, il ménera une politique de progrès. Bref, il sera bien de gauche.

Nos valeurs et nos approches sont décidément différentes et quel que soit le candidat du Parti socialiste, il ménera une politique de progrès.

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Mitterrandisme et nostalgie

La France a un goût, une dilection même pour les commémorations, elle cultive aussi le culte des grands hommes. La semaine dernière, la droite républicaine se rassemblait autour du souvenir d’un des meilleurs parmi les siens, Philippe Séguin, personnalité attachante et ombrageuse, homme de convictions et d’emportements, grand serviteur de l’Etat. Vendredi, les socialistes – beaucoup d’entre eux en tout cas – se sont rendus à Jarnac, comme en pélerinage, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de François Mitterrand, prélude à une célébration, que chacun devine importante, du 30ème anniversaire de la victoire de la gauche unie, le 10 mai 1981. Je n’y suis pas allé, parce que ce n’était pas ma place – cette cérémonie, me semble-t-il, appartenait surtout aux proches de l’ancien Président, dont je n’étais pas. Je veux toutefois vous livrer quelques libres réflexions sur le mitterrandisme et sur la nostalgie qu’il suscite. Continuer la lecture