Mobilisation

Mobilisation

Le premier mois de l’année 2013, traditionnellement consacré en partie aux vœux, vient de s’achever. Il aura, en vérité, été très dense et intense, annonciateur d’une année de mobilisation.

Mobilisation de la France au Mali, tout d’abord. Le Président de la République, qui se rendra demain dans ce pays, a décidé l’intervention de nos troupes à la fois pour protéger nos ressortissants, pour préserver l’existence menacée du Mali et pour contenir le danger terroriste, qui peut, comme la tragique prise d’otage en Algérie l’a montré, frapper loin, dans la région voire au-delà. Certains ont voulu y voir la résurgence de la « Françafrique ». C’est faux ! Nous ne défendons pas, en l’espèce, nos intérêts économiques ou un régime, mais des valeurs auxquelles nous croyons. D’autres nous ont soupçonnés d’être isolés. C’est faux, tout autant ! La France est en première ligne, mais elle agit au nom de la Communauté internationale, avec son appui et celui de nos principaux partenaires. Cette intervention s’est déroulée, elle se déroule encore dans un climat d’unité nationale, un temps ébréché par les velléités critiques de quelques personnalités de droite, vite battues en brèche par la bonne conduite de l’opération. Tant mieux : nos troupes le méritent, et l’action déterminée qu’elles mènent doit être saluée sans réserve. D’aucuns ont voulu voir dans cette décision, et dans sa mise en œuvre, la naissance d’un « nouveau François Hollande ». Ce n’est pas mon sentiment. Bien sûr, la guerre donne toujours plus de gravité, de responsabilité à un homme d’Etat, qui devient alors en pratique le Chef des armées, mais le Président de la République a été lui-même, comme je le connais, réfléchi et précis, calme et volontaire. Plus personne, aujourd’hui, n’en doute, et c’est bien ainsi. On peut, en démocratie, approuver ou désapprouver le dirigeant suprême du pays, mais chacun doit aussi convenir de son leadership légitime.

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Les vrais enjeux

La campagne présidentielle, qui m’occupe pleinement, ne m’a pas laissé le temps d’écrire ici depuis plusieurs semaines déjà. A quatre semaines du 1er tour, je veux rappeler les vrais enjeux en vue du 22 avril.

François Hollande a participé, dans ce moment douloureux, au consensus national. Chacune de ses paroles, chacun de ses actes a été juste, digne, grave, de nature à apaiser et rassembler

La semaine écoulée a été marquée, bien sûr, par la tragédie qui a endeuillé la France, avec les assassinats abjects de Montauban et Toulouse. La campagne présidentielle ne pouvait pas, évidemment, se poursuivre imperturbablement alors que la Région Midi-Pyrénées et Toulouse étaient sous le choc, que la communauté juive pleurait ses enfants, que l’armée rendait hommage à ses soldats tués, que le siège du fanatique, Mohamed Merah, se déroulait. François Hollande l’a immédiatement compris. Dès lundi, il s’est rendu sur place, à l’école Ozar Hatorah. Le mercredi, il est allé dans le Tarn, pour la cérémonie à la mémoire des militaires tués. Et il a décidé, d’emblée, de suspendre sa campagne, de reporter en particulier l’important meeting prévu à Rennes, qui aura finalement lieu le 4 avril. Il a participé, dans ce moment douloureux, au consensus national. Chacune de ses paroles, chacun de ses actes a été juste, digne, grave, de nature à apaiser et rassembler. Cette attitude n’a pas été, comme je l’ai entendu ici et là, une « stratégie » mais un devoir : quand la collectivité nationale est blessée, le rôle d’un homme d’Etat est d’être à ses côtés, de rassurer, de réconcilier.

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