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Quelques mots pour dire mon plaisir de voir Arnaud Montebourg soutenir, à titre personnel, la candidature de François Hollande. Il se garde de donner une consigne de vote, mais son engagement a du poids : je lui adresse un amical, un chaleureux mot de bienvenue.

En agissant ainsi, Arnaud Montebourg fait le choix de la responsabilité. Il a compris que l’enjeu des primaires n’était pas de ressusciter le clivage entre les « deux gauches », largement dépassé, mais bien de choisir le candidat et le dispositif politique les mieux à même de permettre, en 2012, de faire gagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy. C’est pourquoi il apporte son concours au candidat arrivé nettement en tête au premier tour pour lui permettre de l’emporter largement, pour lui donner la force, l’élan nécessaires en vue de la campagne présidentielle.

Il ne s’agit pas là, de la part d’Arnaud Montebourg, d’une abdication des ses convictions, pas davantage que d’une conversion de François Hollande. (…) Chacun reste sur sa cohérence

Il ne s’agit pas là, de la part d’Arnaud Montebourg, d’une abdication des ses convictions, pas davantage que d’une conversion de François Hollande. Leur échange de courriers, comme la déclaration d’Arnaud au « Monde », le montrent : chacun reste sur sa cohérence. Mais deux mots résument bien, à mon sens, l’esprit de ce rapprochement. L’écoute, d’abord : François Hollande a entendu le message des électeurs qui ont soutenu le député de Saône et Loire au premier tour, il intègre pleinement dans ses préoccupations l’exigence républicaine qui monte, l’aspiration au renouveau des générations politiques, la volonté d’une Europe plus active et solidaire, l’attente d’une mondialisation mieux régulée. Le respect, ensuite : il ne s’agit pas d’une récupération ou du résultat d’une tractation. Arnaud Montebourg et ses amis auront, j’en suis sûr, toute leur place dans la campagne présidentielle, pour faire entendre une voix à la fois collective et singulière.

Nous sommes à 48 heures du second tour, décisif. J’ai déploré publiquement l’agressivité de Martine Aubry et ses amis : il est interdit, à la veille de la confrontation décisive avec la droite, de diviser les socialistes, de créer à partir de propos inacceptables, étrangers au vocabulaire de la gauche, des blessures ou des fractures. Je n’y reviens pas, et veux croire qu’il s’agissait là d’un accès de fièvre ou d’un abus de langage, et que la campagne des primaires va se terminer sereinement, sur le ton qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Mais j’observe qu’existe désormais autour de la candidature de François Hollande un large, un vaste, un beau rassemblement, puisqu’il est désormais soutenu, au-delà de tous ceux qui l’ont rejoint au fil des mois, par tous les candidats qui n’ont pu se qualifier au second tour. Tous, de Manuel Valls à Arnaud Montebourg en passant par Jean-Michel Baylet et Ségolène Royal, ont fait ce choix en conscience, à la fois pour permettre la réussite de la gauche et parce qu’ils connaissent l’esprit ouvert de François Hollande et de ceux qui l’entourent.

j’appelle nos concitoyens à venir voter nombreux dimanche 16 octobre, pour amplifier encore le résultat du premier tour

Il y a là, désormais une belle équipe pour aider François Hollande à emporter les primaires, pour les gagner largement. En respectant la liberté de chacun, j’appelle nos concitoyens à venir voter nombreux dimanche 16 octobre, pour amplifier encore le résultat du premier tour. Ainsi ces primaires auront-elles été réussies jusqu’au bout, ainsi sera rendu possible le rassemblement dans la clarté de tous les socialistes. Par delà nos différences de sensibilité ou de choix dans ces primaires, c’est cela, et cela seul qui compte : que les socialistes rassemblés aient dimanche un candidat bien élu, fort, prêt à affronter Nicolas Sarkozy et à diriger le pays dans un esprit de justice. Pour moi, bien sûr, c’est François Hollande, que je veux remercier de m’avoir donné la responsabilité, lourde mais passionnante, de coordonner sa campagne, et à qui je dis ma confiance.

Photo : CC Webstern socialiste

Sondage de crise

Comment ne pas parler ici du sondage qui fait le « buzz » depuis deux jours et place Marine Le Pen en tête d’un premier tour de l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy et Martine Aubry ? Je ne veux en effet pas esquiver ce débat, crucial.

Bien sûr, j’ai mes réserves par rapport à ce sondage, dont les résultats sont un peu particuliers. La méthode – questionnaire via internet – est approximative. La question posée est biaisée : pourquoi avoir testé Martine Aubry et non Dominique Strauss-Kahn, pourquoi tester celui-ci demain et ne pas le comparer avec celle là ? Nul doute que la réponse aurait pu être différente hier et qu’elle le sera à l’avenir. Il ne m’a pas échappé, enfin, qu’il y avait un aspect « marketing », un peu choc, joué par le « Parisien-Aujourd’hui » le jour même où le « Journal du Dimanche » sortait sa nouvelle formule, un peu éclipsée par le coup de tonnerre de ce sondage. Alors, pour tout dire, je ne crois pas que Marine Le Pen serait en tête d’une élection présidentielle : il y a quelques temps, des électeurs de Jean-Marie Le Pen n’osaient pas dire qu’ils votaient pour lui, désormais il est presque de bon ton de se déclarer favorable à Marine Le Pen même sans envisager de lui donner son bulletin de vote.

Oui, le FN est de retour, oui, la menace d’un nouveau 21 avril (…) ne peut plus être écartée.

Il serait toutefois absurde de nier qu’il se passe quelque chose. Toutes les enquêtes d’opinion le montrent, la candidate du Front national a fait ces derniers mois une forte percée. Et les candidats aux cantonales que je rencontre sur le terrain – militant archaïque, je les soutiens en nombre, la semaine dernière à Caen, Bayonne, Biarritz, Anglet, Montbéliard, Levallois, après Rennes, Lens et la Seine et Marne, cette semaine dans le Val de Marne, le Vaucluse, la Moselle ou le Jura – me disent tous rencontrer une parole lepéniste très décomplexée. Oui, le FN est de retour, oui, la menace d’un nouveau 21 avril, à l’endroit – avec l’élimination de la gauche du second tour – ou à l’envers – au détriment de Nicolas Sarkozy – ne peut plus être écartée. Ce doit évidemment être pour nous un sujet de préoccupation majeure.

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