Mon interview parue dans Corse Matin, Nice Matin et Var Matin

Je vous invite à lire ci-dessous mon interview parue aujourd’hui dans Corse Matin, Nice Matin et Var Matin. J’y réaffirme notre cap, celui de la croissance, du redressement, de l’emploi et du désendettement. 

 

François Hollande vient de déclarer que « quelque chose se passe en économie ». Il se passe quoi, au juste ?

L’économie française est sortie de la récession et elle amorce une reprise qui doit être durable, de plus en plus forte et créatrice d’emplois.

Ce qui se passe, c’est que l’économie française est sortie de la récession et qu’elle amorce une reprise qui doit être durable, de plus en plus forte et créatrice d’emplois. L’assainissement des structures de notre économie, indispensable après cinq années de crise et de gestion Sarkozy, la politique de désendettement résolue que nous avons engagée et la main tendue aux entreprises ont créé des bases saines pour permettre à la compétitivité de se renforcer et aux finances publiques de se consolider.

Pourtant, 84 % des Français ne croient pas à l’inversion de la courbe du chômage fin 2013. Vous faites sans doute partie des 16 % restants…

Je comprends ce doute, tant la montée du chômage a marqué à la fois beaucoup de familles et l’ensemble des esprits en France. Mais je crois, comme le président de la République, que nous verrons d’ici à la fin 2013 une inversion de la courbe du chômage.

La croissance sera-t-elle en recul comme l’affirment de nombreux économistes ?

Les deuxième et troisième trimestres 2013 renoueront avec une croissance positive. Tous les indicateurs s’améliorent, à commencer par la production industrielle.

Je proposerai de nouvelles prévisions de croissance le 25 septembre, à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances. Mais nous connaissons les tendances et, cette année, la croissance sera faible voire étale, entre moins 0,1 et plus 0,1.

En revanche, ce qui est important, c’est que la tendance s’est inversée. Après deux trimestres de croissance négative, le dernier de 2012 et le premier de 2013, les deuxième et troisième trimestres 2013 renoueront avec une croissance positive. Tous les indicateurs s’améliorent, à commencer par la production industrielle.

Et qu’en sera-t-il plus précisément l’année prochaine ?

J’ai toutes les raisons de penser que 2014 sera la première année de croissance véritable depuis trois ans. La croissance ne se constate pas, elle se construit. Toute la politique de François Hollande est orientée vers la croissance la plus élevée possible, et c’est le sens de toutes les réformes que nous menons, baisse du coût du travail, amélioration du financement de l’économie, plan d’investissements d’avenir, soutien aux collectivités locales, transition énergétique, appui à l’innovation…

Y aura-t-il de nouvelles hausses d’impôts en 2014 ?

Notre objectif est de parvenir à la stabilisation des prélèvements obligatoires en 2015.

Les arbitrages fiscaux seront rendus fin août, mais l’équation budgétaire est connue. Nous devons réduire les déficits légués par la droite mais le faire à un rythme qui ne contrarie pas la croissance. Nous le ferons d’abord, comme le recommande le FMI, par des économies sur les dépenses publiques et, ensuite, par une hausse limitée des prélèvements obligatoires, de 0,3 % du PIB, toujours dans la justice sociale. Notre objectif étant de parvenir à la stabilisation des prélèvements obligatoires en 2015.

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Mon interview d’aujourd’hui dans Nice matin

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview dans Nice matin parue aujourd’hui :

Après l’intervention télévisée de François Hollande, vous êtes plutôt convaincu ou plutôt rassuré ?

Le président de la République a délivré, hier, un discours de vérité, de redressement et d’entraînement. François Hollande s’est montré mobilisé, engagé et déterminé pour impulser la création d’emploi et pour mener la bataille économique.

Il était très attendu…

Jeudi soir, le chef de l’État a réaffirmé le cap de la croissance pour réduire le chômage. François Hollande sait que la situation est difficile et que les réformes sont nécessaires. Il sait qu’elles prendront du temps pour produire tous leurs effets. Mais il y a une conviction, une volonté et un chemin. Sa méthode n’a pas changé. Il veut rassembler pour entraîner.

A-t-il dit toute la vérité aux Français ?

Bien sûr ! Le président a dit toute la vérité sur la crise, dont nous n’ignorions pas la profondeur. Il a dit également toute la vérité sur la situation économique, qui s’est dégradée ces dernières années avec des déficits accumulés par l’ancienne majorité, une dette à la hausse, un chômage en nette augmentation, une compétitivité à redresser et une désindustrialisation préoccupante.

Ça, c’est le passé. Et la vérité sur ses intentions ?

François Hollande a été clair sur la politique que nous menons. Une politique de redressement des comptes publics et de l’appareil productif, une politique de redressement dans la justice sociale. Car la justice est la valeur qui nous anime. Enfin, le chef de l’État n’a pas caché les difficultés auxquelles nous devons faire face, en insistant sur nos perspectives : l’inversion de la courbe du chômage durant le cours de l’année 2013 et le retour ensuite à la croissance en 2014. Avec l’espoir pour les Français de voir ce redressement les concerner tous.

Les Français attendaient des mesures très concrètes pour leur pouvoir d’achat. Il n’a rien annoncé…

Les mesures existent, et elles sont nombreuses. Le président a parlé d’une boîte à outils. Il s’agit d’aller chercher dans le moteur de l’économie française comment réparer les pièces défectueuses, comment débrider les énergies. Déjà, prenez le crédit d’impôt compétitivité emploi, c’est un vrai plus pour toutes les entreprises qui investissent et embauchent. Il faut savoir que cela représente cette année une baisse de la masse salariale de 4 %. C’est considérable. Je pense bien sûr à la Banque publique d’investissement. C’est la banque des territoires, des régions, des PME. Elle va jouer un rôle fondamental dans la relance de la croissance.

A quoi servira vraiment le choc de simplification administrative annoncé par François Hollande ?

Notre volonté est simple et forte : mettre l’entreprise au cœur de notre politique économique. Car c’est elle qui crée la richesse et les emplois. Le choc de simplification annoncé hier est tout à fait décisif. Les chefs d’entreprise savent qu’il y a aujourd’hui trop de normes, trop de règles, trop d’informations à fournir, et tout cela fait perdre du temps et de l’énergie. Le président de la République veut à la fois déverrouiller et accélérer.

ça veut dire quoi ?

Déverrouiller la croissance française et lui permettre de progresser dans des conditions optimales. Accélérer, c’est éviter toute forme de rigidité qui empêche celui qui veut entreprendre de le faire.

François Hollande a cajolé les entrepreneurs. C’est un changement de ton…

C’est l’entreprise France qu’il faut aider. Il y a les salariés, les employeurs et tous ceux qui veulent et doivent retrouver du travail. Tout passe par l’entreprise. Le chef de l’État leur a adressé un message de confiance.

La taxe à 75 % sera désormais payée par les entreprises. C’est une bonne idée ?

De quoi s’agit-il ? Cette taxe à 75 % a été présentée pendant la présidentielle comme une mesure exceptionnelle, pour deux ans, dans une situation exceptionnelle, la crise que nous traversons, pour ceux qui ont des revenus exceptionnels. Le Conseil constitutionnel puis le Conseil d’État ont montré les obstacles juridiques. Dont acte. Passer par l’imposition des revenus dans ce contexte aboutirait à des résultats trop limités. Ce qui est envisagé, c’est de passer par les entreprises. Toujours pour une durée de deux ans. Cette mesure ne touchera pas les 99 % des entreprises qui ne versent pas des salaires supérieurs à un million d’euros.

Pour lire la suite de cet entretien, vous pouvez cliquer sur le lien suivant : www.nicematin.com/france/moscovici-il-n%E2%80%99y-aura-pas-d%E2%80%99impots-supplementaires.1195420.html

Pierre Moscovici à Nice : « Sarkozy a tué la droite »

Interview parue dans le Nice Matin daté du 4 octobre.

À quelques jours du scrutin, la partie est-elle gagnée pour François Hollande ?
Si j’en crois les sondages, François Hollande est en tête. Mais son souhait, ce n’est pas de gagner un congrès socialiste, mais d’être président de la République. Alors, oui, il s’y prépare. Et oui nous avons surtout l’ambition de creuser l’écart. Nous préférerions un écart de 55-45 à un petit 51-49 parce que ça donnera de l’élan à la gauche, une vraie capacité de rassembler. C’est pour cela que j’appelle aujourd’hui les électeurs, s’ils pensent que François Hollande est le mieux placé pour redresser la France, à voter massivement pour lui, dès le premier tour.

La participation est-elle une vraie inquiétude ?
À 500 000 votants, ce serait un bide. Mais à 1 million, ce qui semble se dessiner ce sera un succès. A 1,5 million, ce serait un triomphe. Et, je le dis aujourd’hui, à 2 millions, ça signifierait d’ores et déjà « au revoir Sarkozy ».

Ségolène Royal et Martine Aubry attaquent Hollande sur son «manque de courage» ou son « inexpérience ». La dernière ligne droite des primaires ne risque-t-elle pas de dégénérer ?
Ce serait inacceptable. Ces primaires doivent rester celles de la sérénité. C’est de ça dont les Français ont besoin. C’est la posture de François Hollande qui se veut un président normal et pondéré ce qui ne signifie pas ordinaire, en opposition à ce président anormal, brutal, fébrile et ambigu qu’est Nicolas Sarkozy. Et je pense que celui qui ira trop loin, en attaquant non pas sur le fond mais de manière trop personnelle pendant cette semaine, se disqualifiera tout seul.

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Pierre Moscovici face à la rédaction de Nice Matin

Après avoir longtemps été au plus haut, la cote de popularité de Dominique Strauss-Kahn semble s’effriter. Cela vous inquiète-t-il ?

Beaucoup se contenteraient de tels sondages. Dominique Strauss-Kahn reste de très très loin le mieux placé à gauche et il y a une attente très solide. Mais les seuls sondages auxquels j’accorde vraiment de l’importance sont ceux qui simulent le premier tour de l’élection présidentielle, pour trois raisons. 1. DSK est, de manière invariable, de 8 à 10 points devant tous les autres socialistes. 2. C’est le seul qui nous met à l’abri d’une menace du FN et d’un nouveau 21 avril. Tous les autres sont à portée de fusil de Marine Le Pen. 3. C’est lui qui peut arriver en tête au premier tour et garantir une victoire possible. Il est le mieux placé à gauche, et le mieux placé tout court pour cette élection.

DSK fait l’objet de beaucoup d’attaques, à l’extrême gauche comme au PS. Ce jeu n’est-il pas dangereux ?

Quand on a un tel atout dans la manche, on ne l’abime pas. La machine à taper sur Dominique Strauss-Kahn ressemble fort à la machine à perdre. A force de le critiquer, de le solliciter, on finit par éroder son capital. Au sein même du PS, il y a des petites musiques qui peuvent se révéler gênantes.

Mélenchon peut-il faire perdre la gauche ?

Cette semaine, il a baissé d’un ton et il a raison car au final ses excès le desservent. Je me réjouis que le contact soit renoué entre lui et Martine Aubry. Tout le monde se souvient qu’il a été ministre socialiste. Qu’est ce qu’il flattait Jospin ! Il joue un rôle ; c’est un bon comédien d’autant meilleur qu’il croit à ce rôle. Mais en réalité c’est aussi un homme de gauche. Je suis persuadé qu’il n’hésiterait pas dans un second tour Sarkozy Strauss-Kahn. Et s’il hésitait, ses électeurs n’hésiteraient pas. C’est aussi ce qu’on observe dans les sondages : un report massif de tous les électeurs de gauche et bien au-delà sur une candidature socialiste parce qu’il y a un vrai désir de changement.

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