Débat préalable au Conseil européen des 24 et 25 mars : intervention de Pierre Moscovici

Monsieur le Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères,
Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères,
Monsieur le Président de la Commission des Affaires européennes,
Mesdames et Messieurs les députés, mes cher-e-s collègues,

L’Europe vit une crise économique et sociale profonde. Le monde arabe voisin entre dans une nécessaire et difficile transition. Le Japon vit un drame qui nous bouleverse tous. Dans cette situation d’une exceptionnelle gravité, la France a besoin d’une perspective, d’un cap, d’une volonté – j’allais dire d’une envergure. Tout nous démontre au fil des jours que rien de tout cela n’est aujourd’hui garanti aux Français.

Je vous souhaite bon courage, Monsieur le ministre, mais malgré vos méritoires efforts, même si en vous écoutant on entend une voix différente de celle du Président de la République, vous ne parvenez pas et vous ne parviendrez pas, à masquer la réalité : celle d’une politique européenne et étrangère dénuée d’une vision cohérente.

  • Le prochain Conseil européen en constitue une nouvelle illustration. Il ne lève pas, loin de là, les inquiétudes des Français sur la sortie de la crise économique et sociale européenne. Il donne au contraire à travers la mise en place d’un « pacte de compétitivité » ou d’un « pacte pour l’euro », le signal d’un nouveau virage, néo-libéral cette fois, qui nous inquiète.

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