Pierre Moscovici invité de C politique

Pierre Moscovici était hier l’invité de « C Politique » sur France 5.
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J’ai reçu une lettre

Comme tous les parlementaires, j’ai reçu une lettre du Président de la République, Nicolas Sarkozy, se félicitant de l’éclatant succès – selon lui – du Sommet européen de la zone euro à Bruxelles, le 21 juillet, et nous appelant à l’exemplarité dans la remise en ordre de nos comptes publics et de notre économie. Implicitement, il plaide pour l’adoption d’une « règle d’or », c’est à dire de l’inscription d’un engagement de retour à l’équilibre des finances publiques dans la Constitution. Je veux lui répondre ici.

Nicolas Sarkozy, chacun le sait, est candidat à sa réélection, il ne pense qu’à ça, n’agit que pour ça. Sa stratégie est transparente. Après quatre ans d’errements, de brutalité, d’injustice sociale et d’échec économique, il cherche à se « représidentialiser », ou plutôt, enfin, à devenir Président.

Cette lettre – qui m’est parvenue, comme à nombre de mes collègues, deux jours après sa publication sur le site de l’Elysée, ce qui est un signe manifeste de discourtoisie républicaine – est avant tout et surtout une démarche électoraliste. Nicolas Sarkozy, chacun le sait, est candidat à sa réélection, il ne pense qu’à ça, n’agit que pour ça. Sa stratégie est transparente. Après quatre ans d’errements, de brutalité, d’injustice sociale et d’échec économique, il cherche à se « représidentialiser », ou plutôt, enfin, à devenir Président. Il met en scène sa stature internationale supposée, se pose en bon gestionnaire au milieu de la crise et tente de convaincre qu’il n’y a qu’une seule politique possible, la sienne : c’est le sens de la « règle d’or ». En creux, il dessine le portrait d’une opposition socialiste vague, laxiste et absente de la scène internationale. Sa « lettre aux parlementaires » n’est donc qu’une mise en scène et un plaidoyer pro-domo. Sur la forme, elle surprend : le Président, s’il avait voulu considérer le Parlement, aurait pu lui adresser un message ou convoquer le Congrès, il a préféré communiquer en dehors des sessions. C’est peu respectueux, mais venant de lui, au fond, guère surprenant. Surtout, c’est le contenu de sa lettre qui ne convainc pas.

Je ne partage pas sa lecture simpliste – voir simplette – et magnifiée du Sommet européen. Non pas que j’en conteste les apports. Il fallait, au milieu d’une crise aigüe, apaiser les marchés, stopper la spéculation, juguler les risques de contagion. Surtout, il était indispensable d’agir en faveur de la Grèce, dont l’économie et la société souffrent. L’accord de Bruxelles répond à cette urgence, il calme la situation pour un certain temps sans doute, il évite – c’est à mes yeux décisif – le naufrage de l’euro. Il constitue donc le signal, attendu depuis si longtemps de la part de l’Union européenne, d’un engagement commun à agir, à soutenir la Grèce et les autres Etats en difficulté. Il était indispensable, pour ce faire, de reconnaître une réalité jusque là niée : sans allègement de la dette, la Grèce ne pouvait pas s’en sortir. Avec le défaut sélectif, partiel et temporaire du pays, c’est désormais chose faite. Si on ajoute à cela la mise en place d’un programme de 109 milliards d’euros pour l’économie grecque, à travers les fonds structurels, la BEI, l’intervention du Fonds européen de stabilité financière, on voit qu’il s’agit du début d’une réponse de fond. Continuer la lecture

Moscovici: DSK est « le meilleur » candidat – Le Figaro

Le député Pierre Moscovici a estimé aujourd’hui que Dominique Strauss-Kahn était « le meilleur » candidat socialiste pour la présidentielle et le seul capable d’éviter au PS « la menace d’un 21 avril ».

« Il est le meilleur et de loin. Il est le seul à nous éviter la menace d’un 21 avril. Aucun des autres prétendants aux primaires n’est dans un écart avec Marine Le Pen qui garantisse que nous soyons présents au second tour », a expliqué M. Moscovici, lors de « Questions d’Info » LCP/France Info/AFP.

L’ancien ministre, qui milite pour une candidature aux primaires du directeur général du FMI, a fait valoir que dans les enquêtes « le score global du PS au premier tour (était) faible ». « Avec Dominique Strauss-Kahn, nous avons, non seulement un candidat qui se qualifie, mais en plus empiète très largement sur les frontières politiques et serait en tête », a-t-il ajouté, en estimant que les Français voyaient en DSK « le président dont ils ont besoin ».

« La France de 2012 aura avant tout à résoudre un problème central, la crise économique. A retrouver une croissance qui soit justement partagée. Et à le faire dans le cadre européen ». « Personne » d’autre, a-t-il dit, ne peut le faire. Pour M. Moscovici la présidentielle de 2012 « est la plus décisive, la plus attendue depuis 1981 » et « la gauche a un devoir de victoire ». « Pour nous, c’est vaincre ou nous trouver dans le désert! ».

Le député du Doubs a été particulièrement virulent contre Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’investiture du Front de gauche pour 2012, très critique à l’égard de DSK. Il a qualifié « ses positionnements » de « sans intérêt », « sans envergure ». « C’est nul! Vous avez un type qui se promène partout, en disant +je suis populiste+ », a-t-il poursuivi. M. Moscovici a cependant dit « sa sympathie » pour M. Mélenchon, « un homme talentueux, intelligent », qui « a été un bon ministre extrêmement réformiste » dans le gouvernement de Lionel Jospin.

Mais à présent, « il est dans un rôle de comédien » et « ce rôle est un rôle qui risque de faire perdre la gauche, qui veut faire perdre la gauche ». « Il se plante et il nous plante! » Pour autant, il s’est dit « persuadé que Mélenchon, au second tour, ne se trompera pas ». « Entre Sarkozy et Strauss-Kahn, quoi qu’il dise aujourd’hui, il fera » le nécessaire, a conclu l’ancien ministre.

Mitterrandisme et nostalgie

La France a un goût, une dilection même pour les commémorations, elle cultive aussi le culte des grands hommes. La semaine dernière, la droite républicaine se rassemblait autour du souvenir d’un des meilleurs parmi les siens, Philippe Séguin, personnalité attachante et ombrageuse, homme de convictions et d’emportements, grand serviteur de l’Etat. Vendredi, les socialistes – beaucoup d’entre eux en tout cas – se sont rendus à Jarnac, comme en pélerinage, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de François Mitterrand, prélude à une célébration, que chacun devine importante, du 30ème anniversaire de la victoire de la gauche unie, le 10 mai 1981. Je n’y suis pas allé, parce que ce n’était pas ma place – cette cérémonie, me semble-t-il, appartenait surtout aux proches de l’ancien Président, dont je n’étais pas. Je veux toutefois vous livrer quelques libres réflexions sur le mitterrandisme et sur la nostalgie qu’il suscite. Continuer la lecture

Vers 2012 (2) : la gauche entre espoir et doute

La défaite annoncée de la droite est-elle pour autant une victoire promise à la gauche ? Tout le laisserait penser, à commencer par la formulation même de la question, qui ressemble à une lapalissade : quand les uns perdent, les autres gagnent. Pourtant, chacun peut le constater, le climat à gauche n’est pas euphorique, la prudence – une prudence qui n’est pas que diplomatique – est de mise. La gauche, en vérité, est partagée entre l’espoir et le doute. Continuer la lecture