Rassembler pour gagner

Le grand débat de l’entre-deux tours des primaires citoyennes a eu lieu hier. Il a permis, je le pense, d’éclairer le choix des Françaises et des Français qui souhaitent, avec les socialistes, changer l’avenir de notre pays.

Ce fut, d’abord, un bon débat, qui grandit le Parti socialiste. A nouveau, cette confrontation a été fortement suivie, l’audience a été exceptionnelle – près de 6 millions de personnes. Cela montre, s’il en était encore besoin, l’intérêt de nos concitoyens pour les primaires, leur envie d’y participer. J’attends, dimanche prochain, une mobilisation encore plus importante qu’au premier tour – en rappelant au passage qu’il s’agit bien de choisir le candidat des socialistes, pour le soutenir au premier tour… de l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy et non de se livrer à des calculs plus compliqués. J’invite chacun à amplifier encore ce succès collectif. Le débat lui-même a été de bonne facture. Évidemment, il y avait de la tension. C’est assez logique, compte tenu de l’importance de l’enjeu : le vainqueur des primaires sera tout de même appelé à affronter Nicolas Sarkozy, ce qui est une lourde responsabilité. Mais la tenue des échanges a été satisfaisante. A l’issue de cette confrontation, on connait les candidats, leur vision, leurs propositions, leur personnalité, leur conception de la fonction présidentielle. De bout en bout, nos primaires auront donc été un succès – seuls Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé feignent de l’ignorer. Mais attention – et j’y reviendrai – le bout c’est dimanche, et il faut jusqu’à la fin tenir sa ligne et ses nerfs. François Hollande, justement, est resté sur cette cohérence.

De bout en bout, nos primaires auront donc été un succès – seuls Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé feignent de l’ignorer.

Il a voulu des primaires de clarté, il est demeuré serein, combatif, déterminé. Dans le débat, il a fait litière des critiques, plus ou moins obliques, des insinuations dont il a été l’objet. Il a montré la force de ses propositions. Chacun, hier, aura compris le caractère novateur du contrat de génération – jamais expérimenté à l’échelle nationale. Il a montré la nécessité et la possibilité d’un plan pluriannuel de recrutement dans l’éducation nationale – j’avoue ne pas avoir compris l’argumentation de Martine Aubry sur les redoublements, et je ne suis pas le seul. Il a aussi riposté aux accusations qui lui étaient faites d’être le tenant d’une « gauche molle ». Sa gauche – la mienne aussi – n’est pas dure – laissons ce vocabulaire à la droite – elle est sincère, solide, crédible. Je n’ai d’ailleurs pas compris comment ce reproche pouvait s’appliquer à un homme qui a dirigé notre parti pendant 11 ans, qui a mené et gagné de nombreux combats en son nom, qui a emporté ses mandats sur la droite dans une terre hostile et n’a hérité de rien.

Continuer la lecture

Dernière ligne droite

Dans deux jours se tiendra le premier tour des primaires citoyennes organisées par le Parti socialiste. Il s’agit d’un rendez-vous essentiel : le gagnant de cette compétition démocratique aura la responsabilité majeure d’affronter Nicolas Sarkozy, de préparer l’alternance, il aura aussi de grandes chances, dans l’état actuel du pays, d’être le prochain Président de la République. C’est aussi un bouleversement de notre vie politique nationale : les primaires, si elles sont comme tout l’indique un succès de bout en bout, changeront les pratiques de l’ensemble des partis, comme le montre la fascination récente de personnalités de droite, à commencer par le Premier ministre François Fillon. Je veux ici faire un premier bilan et lancer un dernier appel.

Les primaires étaient, elles sont encore un formidable défi. Nous étions en effet confrontés à trois risques majeurs. Nous risquions, tout d’abord, le bide. Si nos débats n’avaient rencontré qu’un succès médiocre, si le vote n’avait rassemblé – attendons d’ailleurs de voir ce qu’il en sera réellement dimanche – qu’un faible nombre de votants, en un mot si nous n’avions pas fait de nos primaires autre chose qu’un gros Congrès du Parti socialiste, nous aurions été moqués, à juste titre reconnaissons le. Nous pouvions aussi connaitre un « bug ». L’organisation d’un tel scrutin demandait une organisation minutieuse, un contrôle précis, une mobilisation forte : la tâche était lourde, il n’allait pas de soi qu’un parti politique en ait les moyens. Enfin, et c’était d’ailleurs l’espoir de Nicolas Sarkozy et de la droite, nous pouvions offrir le spectacle d’une formation fracturée, tomber dans le péché mignon de la division, et dès lors sortir collectivement affaiblis de cette confrontation.

Continuer la lecture

Pierre Moscovici à Nice : « Sarkozy a tué la droite »

Interview parue dans le Nice Matin daté du 4 octobre.

À quelques jours du scrutin, la partie est-elle gagnée pour François Hollande ?
Si j’en crois les sondages, François Hollande est en tête. Mais son souhait, ce n’est pas de gagner un congrès socialiste, mais d’être président de la République. Alors, oui, il s’y prépare. Et oui nous avons surtout l’ambition de creuser l’écart. Nous préférerions un écart de 55-45 à un petit 51-49 parce que ça donnera de l’élan à la gauche, une vraie capacité de rassembler. C’est pour cela que j’appelle aujourd’hui les électeurs, s’ils pensent que François Hollande est le mieux placé pour redresser la France, à voter massivement pour lui, dès le premier tour.

La participation est-elle une vraie inquiétude ?
À 500 000 votants, ce serait un bide. Mais à 1 million, ce qui semble se dessiner ce sera un succès. A 1,5 million, ce serait un triomphe. Et, je le dis aujourd’hui, à 2 millions, ça signifierait d’ores et déjà « au revoir Sarkozy ».

Ségolène Royal et Martine Aubry attaquent Hollande sur son «manque de courage» ou son « inexpérience ». La dernière ligne droite des primaires ne risque-t-elle pas de dégénérer ?
Ce serait inacceptable. Ces primaires doivent rester celles de la sérénité. C’est de ça dont les Français ont besoin. C’est la posture de François Hollande qui se veut un président normal et pondéré ce qui ne signifie pas ordinaire, en opposition à ce président anormal, brutal, fébrile et ambigu qu’est Nicolas Sarkozy. Et je pense que celui qui ira trop loin, en attaquant non pas sur le fond mais de manière trop personnelle pendant cette semaine, se disqualifiera tout seul.

Continuer la lecture