« Une révolution pour la gauche » [Le Républicain Lorrain]

Mon interview de jeudi dernier au Républicain Lorrain sur le pacte de compétitivité, la croissance, la TVA, l’avenir de PSA et le financement des collectivités locales.

Le pacte de compétitivité, c’est baisser les impôts pour les entreprises, et augmenter la TVA pour les consommateurs. Est-ce vraiment socialiste ?

Pierre MOSCOVICI : « La politique économique du gouvernement est un triptyque, qui exigeait des choix courageux : le sérieux budgétaire, la levée des incertitudes européennes, et la compétitivité. C’est une révolution copernicienne pour la gauche, et plus largement pour notre pays. J’ai toujours dit que compétitivité n’était pas un gros mot pour un homme de gauche et qu’il fallait l’aborder de manière globale. Nous aurions été fautifs de ne pas agir sur le coût du travail, tant le diagnostic sur ce point du rapport de Louis Gallois est précis et convaincant. Cela n’est pas le seul problème, mais c’est un vrai problème. Il fallait répondre par une mesure puissante, immédiate, efficace : c’est le crédit d’impôt compétitivité et emploi, qui permettra la création de 300 000 emplois et l’augmentation de 0,5 % du PIB dans le quinquennat. »

Nous faisons un usage plus juste de la TVA.

Mais il y aura bien une « TVA sociale »…

«Non, ce n’est pas la TVA Sarkozy ! Elle entre en vigueur en 2014, pas en 2012 en pleine crise, car nous n’avons pas voulu toucher davantage le pouvoir d’achat en 2013, compte tenu des efforts importants que nous demandons pour réduire le déficit public. De plus, nous faisons un usage plus juste de la TVA : Nicolas Sarkozy avait touché uniquement au taux normal, majoré de 1,6 point, alors que nous l’augmenterons de 0,4 point seulement, en abaissant le taux réduit, qui concerne notamment l’alimentation, de 5.5 % à 5 %. Au total, nous faisons deux fois plus pour la compétitivité avec deux fois moins de TVA que Nicolas Sarkozy. »

Mme Parisot parle « d’avancée significative », tandis que M. Mélenchon qualifie le plan de « lamentable ». Cela pose question à votre électorat…

« Je regrette que M. Mélenchon se laisse aller à de telles facilités. Il se trompe. Les Français de gauche veulent le redressement du pays, et ils savent que nous faisons les efforts indispensables. Des voix s’élèveront, et exprimeront des positions traditionnelles. Je les comprends, il y a un travail intense de pédagogie à faire. Et il y a une bataille politique à mener, contre la droite : comment osent-ils nous donner des leçons sur la compétitivité, eux qui l’ont dégradée à force de ne pas agir ou de faire les mauvais choix ? »

Vous avez souvent cité le rapport Attali. Préparez-vous des mesures sur les professions réglementées, comme les taxis ou les notaires ?

« Le rapport Attali reste une source d’inspiration, par exemple sur la stabilité des réglementations. Mais s’agissant des professions réglementées, je dirais qu’il nous faut mobiliser tout le monde, plutôt que d’ouvrir de nouveaux fronts. »

Continuer la lecture