Gouverner (2/3) : l’exercice du pouvoir

Gouverner (2/3) : l’exercice du pouvoir

Depuis 7 mois maintenant, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est à la tâche et met en œuvre les orientations définies par le Président de la République François Hollande.

Je veux vous livrer quelques enseignements personnels tirés de cette période extraordinairement dense et intense.

Il n’est pas question ici de me livrer à l’exercice du bilan – ce serait prématuré, artificiel et fastidieux. Et je n’ai pas l’intention de succomber à la tentation facile du commentaire sur le fonctionnement de l’équipe gouvernementale, ses supposés couacs, ses prétendues contradictions : je crois en la loyauté, la solidarité, la cohésion dans notre travail. Mais je veux vous livrer quelques enseignements personnels tirés de cette période extraordinairement dense et intense.

Il revient à la gauche de mener une véritable politique de redressement.

Gouverner un pays en crise, tout d’abord, exige du courage. Nous ne sommes pas arrivés au pouvoir à n’importe quelle époque ou dans n’importe quelle situation. Nous devons faire face à une crise internationale qui dure depuis 2008, qui frappe inégalement les différentes économies du monde, mais qui n’a épargné personne. L’Europe, et notamment la zone euro, s’est enlisée dans une phase de croissance plate, de stagnation. Elle est même menacée par une déflation que nourrit une tendance à l’austérité généralisée. De surcroît, à notre arrivée, la zone euro apparaissait menacée dans son existence même, atteinte qu’elle était par des déséquilibres globaux et nationaux, frappant par exemple la Grèce, l’Espagne, Chypre, et dépourvue de régulations solides. La France, enfin, a vu sa situation se dégrader fortement, et est confrontée à trois déficits. Déficit de croissance et d’emploi tout d’abord, avec un taux de chômage supérieur à 10 %, qui ne cesse de croître depuis maintenant 18 mois. Déficit de crédibilité, avec le haut niveau des déficits – qui auraient été supérieurs à 5 % en 2012 si nous n’avions pas agi – et l’accumulation de dette publique – 1 700 milliards d’euros, soit 91 % du PIB. Déficit de compétitivité, enfin, traduit par une balance commerciale négative de 70 milliards d’euros, là où l’Allemagne dégage un excédent de 160 milliards d’euros. Les inégalités de surcroît s’étaient fortement creusées. Bref, il revient à la gauche de mener une véritable politique de redressement. Dès lors, il fallait définir une stratégie ambitieuse et cohérente, conduite dans la durée.

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