Pierre Moscovici était ce matin l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.
règle d’or
La France a renoncé sous la pression allemande
Le sommet franco-allemand a révélé l’incapacité du chef de l’Etat français à résister à la logique économique de Mme Merkel, qui privilégie la stabilité financière au détriment de toute solidarité.
Marianne : Quelles conclusions tirez-vous du sommet franco-allemand?
Pierre Moscovici : C’est un renoncement absolu de la part de Nicolas Sarkozy. Le sommet a, certes, permis des microavancées (la perspective d’une taxe sur les transactions financières, la mise en place d’un gouvernement économique de l’Europe), mais il a surtout été marqué par un recul fondamental, un pas en arrière extraordinaire, puisque la France et l’Allemagne ont enterré la possibilité des euro-obligations, Sarkozy participant lui-même à ces funérailles. C’était « la » mesure qu’il fallait prendre, et c’est la mesure à laquelle on a renoncé sous la pression allemande.
A quoi joue l’Allemagne en refusant le principe des euro-obligations?
P.M. : Mme Merkel veut imposer à l’Europe une logique de stabilité financière sur le modèle de sa propre pratique en matière de finances publiques. Elle refuse toutes perspectives de solidarité, de mutualisation de la dette et de relance de la croissance. C’est une logique que l’on peut comprendre, compte tenu du paysage politique allemand et du poids des conservateurs, mais que je conteste.
Pierre Moscovici invité de RFI
Pierre Moscovici était l’invité du matin de Frédérique Misslin aujourd’hui sur RFI.
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« La dette est l’ennemie de la gauche » – Le Figaro
INTERVIEW de Pierre Moscovici parue dans Le Figaro daté du 1er août 2011.
Le député du Doubs coordonne la campagne de François Hollande pour la primaire socialiste.
LE FIGARO – Voterez-vous la « règle d’or » comme Nicolas Sarkozy vous y invite dans un courrier qu’il a adressé aux parlementaires ?
Pierre MOSCOVICI – J’ai effectivement reçu, assez tardivement, la lettre du président de la République. Sur la forme, j’ai trouvé la démarche curieuse. Il pouvait choisir de s’adresser au Parlement par un message ou convoquer un Congrès. Il ne l’a pas fait. Sur le fond, cette lettre me paraît plus destinée à valoriser les résultats du sommet européen sur la crise de la zone euro. C’est une démarche électorale qui brille plus par son habileté supposée que par sa grandeur. Nicolas Sarkozy a tendance à s’y livrer à un plaidoyer pro domo, même si je me réjouis de ce qui a été fait pour sauver la Grèce. Reste que ce plan de sauvetage n’est pas la solution miracle que Nicolas Sarkozy nous présente dans sa lettre. C’est un plan tardif en forme de compromis entre l’Allemagne, qui ne voulait pas payer, et la France qui ne voulait pas faire de mal aux banques. Mais le saut fédéral n’a pas été fait, et l’effort demandé aux banques est extrêmement limité.
Donc vous ne voterez pas la règle d’or ?
Non, car je n’accepte pas les leçons de vertu délivrées par un chef de l’État qui a pratiquement mis la France en faillite, ce que son premier ministre a d’ailleurs reconnu. Il voudrait imposer la politique qu’il n’a pas faite comme un modèle.
Mais vous vous exposez aux accusations de « laxisme » de la part de la majorité.
Elles n’ont pas de sens. À chaque fois que la gauche a été au pouvoir, la gestion des comptes publics a été contenue. À chaque fois que la droite a été au pouvoir, la France a vu sa dette dériver. En la matière, Nicolas Sarkozy est le champion.
Il a fallu affronter la crise financière.
L’impact de la crise est partiel. Tous les rapports ont établi que la crise n’était responsable que d’une partie des déficits et que la dégradation des comptes publics avait commencé avant la crise. Notamment avec le bouclier fiscal, la détaxation des heures supplémentaires ainsi que les cadeaux fiscaux aux plus riches. Nicolas Sarkozy a mené une politique inconséquente et, aujourd’hui, il nous demande de lui délivrer un brevet de vertu !



