Regards sur l’Europe

Je reviens aujourd’hui sur une question que j’ai un peu négligée ici ces derniers temps : l’Europe. En vérité, j’en ai beaucoup parlé, à travers le prisme de la crise grecque et de la bourrasque sur l’euro. A cet égard, je fais mienne, intégralement, l’analyse de Jacques Delors dans « le Figaro » de mercredi dernier, toujours lumineuse de clarté : « après le temps des pompiers, vient celui des architectes ». Comme lui, j’en appelle à une meilleure coordination des politiques économiques, comme lui je déplore le triomphe de l’intergouvernementalisme et l’effacement de la méthode communautaire, je m’inquiète de la mésentente franco-allemande, comme lui j’attends une nouvelle étape de l’Europe politique. Mais pour que celle-ci avance il faut aussi, et ce sera ma réflexion d’aujourd’hui, que le nationalisme et le populisme reculent, que les idées progressistes s’imposent.

Force est de constater que c’est plutôt l’inverse qui se produit, et c’est un paradoxe de la période. Alors que le capitalisme est en déroute, que l’ultra-libéralisme échoue, que la mondialisation sans entraves montre ses limites, alors que les déséquilibres économiques, financiers, sociaux montrent la nécessité d’une régulation forte, d’un retour de la puissance publique à l’échelle nationale, certes, mais aussi européenne et mondiale, bref alors que l’air du temps est plutôt social-démocrate, les conservateurs et les nationalistes progressent partout en Europe.

alors que l’air du temps est plutôt social-démocrate, les conservateurs et les nationalistes progressent partout en Europe

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