Mon interview au Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI

J’étais hier l’invité du Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI.
J’ai abordé de nombreux sujets, tels que le pouvoir d’achat, la croissance, l’emploi, les réductions de dépenses publiques, la fiscalité, la TVA, la taxe à 75%, les réformes structurelles, la compétitivité, l’attractivité, les retraites, ou encore l’Europe.

Mon rôle au sein du Gouvernement, c’est de faire en sorte que la politique économique soit cohérente, qu’elle soit une politique de redressement, de redressement des comptes publics, de redressement de la croissance, de redressement de l’emploi.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette interview :

Gouverner (2/3) : l’exercice du pouvoir

Gouverner (2/3) : l’exercice du pouvoir

Depuis 7 mois maintenant, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est à la tâche et met en œuvre les orientations définies par le Président de la République François Hollande.

Je veux vous livrer quelques enseignements personnels tirés de cette période extraordinairement dense et intense.

Il n’est pas question ici de me livrer à l’exercice du bilan – ce serait prématuré, artificiel et fastidieux. Et je n’ai pas l’intention de succomber à la tentation facile du commentaire sur le fonctionnement de l’équipe gouvernementale, ses supposés couacs, ses prétendues contradictions : je crois en la loyauté, la solidarité, la cohésion dans notre travail. Mais je veux vous livrer quelques enseignements personnels tirés de cette période extraordinairement dense et intense.

Il revient à la gauche de mener une véritable politique de redressement.

Gouverner un pays en crise, tout d’abord, exige du courage. Nous ne sommes pas arrivés au pouvoir à n’importe quelle époque ou dans n’importe quelle situation. Nous devons faire face à une crise internationale qui dure depuis 2008, qui frappe inégalement les différentes économies du monde, mais qui n’a épargné personne. L’Europe, et notamment la zone euro, s’est enlisée dans une phase de croissance plate, de stagnation. Elle est même menacée par une déflation que nourrit une tendance à l’austérité généralisée. De surcroît, à notre arrivée, la zone euro apparaissait menacée dans son existence même, atteinte qu’elle était par des déséquilibres globaux et nationaux, frappant par exemple la Grèce, l’Espagne, Chypre, et dépourvue de régulations solides. La France, enfin, a vu sa situation se dégrader fortement, et est confrontée à trois déficits. Déficit de croissance et d’emploi tout d’abord, avec un taux de chômage supérieur à 10 %, qui ne cesse de croître depuis maintenant 18 mois. Déficit de crédibilité, avec le haut niveau des déficits – qui auraient été supérieurs à 5 % en 2012 si nous n’avions pas agi – et l’accumulation de dette publique – 1 700 milliards d’euros, soit 91 % du PIB. Déficit de compétitivité, enfin, traduit par une balance commerciale négative de 70 milliards d’euros, là où l’Allemagne dégage un excédent de 160 milliards d’euros. Les inégalités de surcroît s’étaient fortement creusées. Bref, il revient à la gauche de mener une véritable politique de redressement. Dès lors, il fallait définir une stratégie ambitieuse et cohérente, conduite dans la durée.

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Mon interview de ce matin par Jean-Pierre Elkabbach – Europe 1 matin

Mon interview de ce matin par Jean-Pierre Elkabbach dans Europe 1 matin : accord sur la supervision bancaire, zone euro, politique économique de la France, pouvoir d’achat.

« Un tournant, non, une nouvelle phase, oui » – Mon interview dans L’Express

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview parue dans L’Express ce mercredi 28 novembre.

Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne.

Jean-Louis Bourlanges, ex-député européen, dit de la politique économique de François Hollande : tout était écrit, mais, comme dans les contrats d’assurance, les choses désagréables l’étaient en petit. Approuvez-vous?

La formulation de Jean-Louis, qui est un ami, est amusante, mais laisse penser qu’il y aurait eu une dissimulation light de notre part, ce qui n’est pas vrai. Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne. J’en prendrai deux exemples. D’abord, le choix du sérieux budgétaire. A aucun moment, ni en 2011 ni en 2012, François Hollande ne s’en est écarté. C’est sur ce mandat qu’il a gagné la primaire, puis la présidentielle. Ensuite, le pacte productif. C’était le premier chapitre de son projet présidentiel, la création d’une banque publique d’investissement étant la mesure no 1. Le pacte de compétitivité reprend à la fois la lettre et l’esprit de ces engagements. Mais il est vrai que nous avons trouvé une situation plus dégradée que prévu, et que nous avons dû réagir plus fort et mettre notre démarche en œuvre à un rythme soutenu.

Vous avez tout de même parlé d’une « révolution copernicienne » : qu’est-ce à dire?

La révolution copernicienne, ce n’est pas un reniement, ce n’est pas un virage, ce n’est pas un tournant par rapport à la campagne de François Hollande, mais un changement profond par rapport aux traditions des politiques économiques en France, y compris celles des socialistes. La gauche, ce n’est pas l’augmentation systématique de la dépense. Etre de gauche, ce n’est pas d’emblée redistribuer, mais c’est penser d’abord à produire. Nous sommes en train de sortir du vieux débat entre socialisme de la production et socialisme de la redistribution, en inventant une politique économique qui marche sur ses deux jambes. La demande, car le pouvoir d’achat et la consommation intérieure sont une composante majeure de la croissance française, mais aussi l’offre, sur laquelle nous mettons clairement l’accent. En affirmant le triptyque de notre politique économique – le sérieux budgétaire, l’engagement européen vers une intégration solidaire, la compétitivité -, ce gouvernement, avec son style, aura en six mois imprimé plus de changements que n’importe quel autre de ses prédécesseurs depuis des décennies.

Nous avons une méthode, elle est sociale-démocrate, c’est celle du dialogue.

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Invité de BFM Politique – RMC – LE POINT

J’étais dimanche dernier l’invité de BFM Politique – RMC – LE POINT.

Retrouvez ci-dessous les différentes séquences de cette émission :

1. BFM Politique : interview par Olivier Mazerolle.

2. BFM Politique : l’interview BFM Business, questions d’Hedwige Chevrillon

3. BFM Politique : l’interview par Charlotte Chaffanjon du Point

4. BFM Politique  : questions de Français à Pierre Moscovici

5. BFM Politique : Pierre Moscovici face à Sophie Pedder, The Economist

6. BFM Politique : l’After RMC, Pierre Moscovici répond aux questions de Véronique Jacquier

Classement

CC Novopress

Classement

Il y a quelques jours, le « Financial Times » a présenté son classement des ministres des finances des dix neuf principaux pays européens. La note qui m’a été attribuée m’a dans un premier temps interpelé : 16ème sur 19, pour un homme qui a l’esprit compétitif et qu’on dit parfois, de façon d’ailleurs ambivalente, « bon élève », ce n’est pas réjouissant et aurait pu m’inquiéter. A y regarder de plus près, je me suis d’abord consolé, puis franchement amusé.

Le rôle d’un ministre des finances est d’abord d’inspirer confiance, de porter une politique économique solide, de rassurer les agents économiques, nationaux et européens.

Un mot d’abord, sur la méthode. Créé en 2005, ce classement attribue une note en fonction de 3 critères : les compétences économiques, la crédibilité sur les marchés, l’habileté politique. Les résultats qui me sont attribués ne sont pas mauvais, sur les deux premiers critères – somme toute pas les moins importants – puisque j’y pointe, selon des estimations qui peuvent au demeurant se discuter, à la 9ème place. Ce qui pêche, c’est, mais oui, l’habileté politique, pour laquelle je serais le 17ème ministre évalué. Le contraire, je l’avoue, m’aurait davantage préoccupé. Le rôle d’un ministre des finances est, en effet, d’abord d’inspirer confiance, de porter une politique économique solide, de rassurer les agents économiques, nationaux et européens. L’habileté politique est une notion plus subjective, donc moins probante. Ajoutons à cela que les « nouveaux » ministres sont traditionnellement mal notés. Ainsi Christine Lagarde était elle 12ème et dernière de ce classement, considérée comme la « pire ministre » de l’union européenne après ses débuts en 2007, avant d’être première en 2010. Tous les espoirs me seraient dès lors permis.

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