Bilan, vidéos et images du G7 à Aylesbury : ensemble, nous agissons pour la croissance

G7 à Aylesbury : ensemble, nous agissons pour la croissance

J’étais vendredi et samedi à Aylesbury au Royaume-Uni, pour la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays membres du G7, sous présidence britannique. Avec mes homologues, nous avons échangé sur la situation globale de l’économie mondiale et sur la nécessaire régulation financière.

J’ai défendu la position de la France, qui est celle du soutien des politiques de croissance, au service de l’emploi.

La lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux a aussi été abordée, les parties prenantes reconnaissant son caractère essentiel. Les contacts ont à ce titre été renforcés entre administrations fiscales, pour plus de coopération et pour en finir avec le secret bancaire. Je l’ai dit, nous avançons à pas de géant sur ces sujets majeurs, pour aller dans le sens de l’échange automatique d’informations.

Je me suis aussi exprimé à plusieurs reprises et avec force contre l’austérité, mais en faveur du sérieux budgétaire. Les politiques économiques doivent en effet être sérieuses, sans être austères ou punitives. Le changement de ton dans nos échanges internationaux sur ce point m’apparait tout à fait satisfaisant. Les réformes structurelles que nous mettons en place dans nos pays respectifs permettront d’alimenter la reprise et de soutenir l’emploi.

Les conclusions de ces deux jours de travail vont toutes dans le sens d’un meilleur équilibre entre réduction des déficits, consolidation budgétaire et soutien à la croissance, et dans le sens de l’amélioration de la transparence financière au niveau mondial. A un mois du sommet des chefs d’Etat du G8, et dans la perspective du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, mi-juillet à Moscou, ce G7 nous a permis de faire le point sur les grands enjeux de politique économique. Ensemble, nous agissons pour la croissance.

Retrouvez ci-dessous les images de ce G7, un extrait de ma conférence de presse, ainsi que l’interview que j’ai donnée à Bloomberg TV :

Mon entretien avec Jack Lew, Secrétaire d’État américain au Trésor :

 

Mon interview à Bloomberg TV, sur la politique nationale, européenne, internationale :

 

 

 

 

Réunion du G7, à Chequers : 

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Un extrait de ma conférence de presse à l’issue du G7 :

 

Le sens d’une décision – Billet de blog

 

Le sens d’une décision

 

Je souhaite expliquer le sens de la décision, majeure, de la Commission européenne de laisser deux ans à la France pour revenir en dessous des 3% du PIB en terme de déficit.

Je me suis peu exprimé ces dernières semaines sur ce blog, entièrement pris par une actualité multiple, nationale et internationale, qui ne m’a pas laissé de répit. Et je n’ai pas souhaité saisir l’occasion du premier anniversaire de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République pour me livrer seul à l’exercice du bilan ou du dessin des perspectives : ce fut fait le 6 mai collectivement, lors d’un séminaire du gouvernement autour du Président de la République et du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et c’est mieux ainsi. Aujourd’hui, je souhaite revenir brièvement sur ce moment fort, et surtout expliquer le sens de la décision, majeure, de la Commission européenne de laisser deux ans à la France pour revenir en dessous des 3% du PIB en terme de déficit.

Le Président l’a dit : nous avons trouvé un pays miné par le chômage, rongé par les déficits et la dette, affaibli par l’absence de croissance, taraudé par les inégalités. Nous avons dû agir, appeler à l’effort, réformer en sachant qu’il fallait du temps pour en cueillir les fruits.

« Un an c’est court, quatre ans ce n’est pas long ». C’est ainsi que François Hollande a jalonné le temps de son quinquennat. L’année qui s’est écoulée fut, pour les membres du gouvernement, d’une incroyable intensité. Le retour d’un Président de gauche à l’Elysée, 17 ans après le départ de François Mitterrand, fut tout sauf un évènement banal. D’abord parce que c’est rare sous la Vème République, qui a vu l’élection de nombreux chefs d’Etat issus des rangs de la droite, deux seulement venant de la gauche. Ensuite, et c’est lié, parce que la droite elle-même n’a jamais accepté sa défaite. Pour elle, perdre le pouvoir suprême n’est pas seulement un épisode électoral, un échec dans les urnes, c’est une tragédie, et surtout c’est contraire à l’ordre naturel des choses. L’UMP, aujourd’hui, n’est pas seulement un parti d’opposition, celle-ci fût-elle rude voire frontale. Traversée par ses propres divisions et ses haines, secouée par la surenchère avec le Front national, surplombée par la perspective du retouréventuel de Nicolas Sarkozy, qui la rend fébrile – à l’image de François Fillon précipitant sa candidature depuis le Japon – elle a fait de la destruction de la gauche le substitut à sa propre reconstruction idéologique et politique. Elle entretient, comme Jean-François Copé qui a fait de l’invective son mode d’expression unique, un climat de violence politique peu respirable, qui nourrit surtout l’extrême droite. Enfin, et surtout, nous sommes arrivés aux responsabilités dans une crise sans précédent par sa longueur et sa dureté, dont les conséquences pour les Français sont aggravées par l’impéritie de la gestion de la droite pendant dix ans. Le Président l’a dit : nous avons trouvé un pays miné par le chômage, rongé par les déficits et la dette, affaibli par l’absence de croissance, taraudé par les inégalités. Nous avons dû agir, appeler à l’effort, réformer en sachant qu’il fallait du temps pour en cueillir les fruits.

La première année du quinquennat a été celle des fondations. Notre objectif est bel et bien de redresser le pays, dont la situation s’est dégradée de façon spectaculaire en dix ans, et d’abord de rendre notre économie plus forte, plus productive, plus compétitive.

La première année du quinquennat a donc été celle des fondations. Notre objectif est bel et bien de redresser le pays, dont la situation s’est dégradée de façon spectaculaire en dix ans, et d’abord de rendre notre économie plus forte, plus productive, plus compétitive. Dans le même temps, nous sommes dans l’ardente obligation de réduire nos déficits pour nous désendetter, retrouver de la sorte des marges de manœuvre pour la croissance, les services publics, la solidarité, et de ce fait recouvrer notre souveraineté. Enfin, nous avons voulu agir dans la justice, en imprimant aussi une impulsion nouvelle à l’égalité entre les citoyens, dont la loi sur le mariage pour tous, si violemment contestée par la droite réactionnaire, est le symbole. Sur tous ces points, dans toutes ces dimensions, nous avons fortement avancé. En un an, nous avons réformé, transformé, davantage que la droite en dix ans – pour le dire autrement nous avons entrepris, en si peu de temps, de réparer tout ce qu’ils avaient abimé ou défait. Notre politique, j’en suis conscient, peut susciter une forme d’impopularité, que je ressens plutôt comme une attente, légitime, de résultats, comme l’expression d’une inquiétude de la part des Français, qui se sentent menacés de déclassement, que comme un rejet ou une antipathie. Notre devoir est d’être à la hauteur de leurs aspirations.

L ’an II du gouvernement sera celui des résultats, celui de la mobilisation, de l’accélération, de la concentration autour de trois priorités : l’emploi et la croissance, la jeunesse, la préparation de l’avenir.

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Invité de BFM Politique – RMC – LE POINT

J’étais hier l’invité de l’émission BFM Politique – RMC – LE POINT.

Retrouvez ci-dessous les différentes séquences de cette émission :

1. Interview par Jean-François Achilli

2. Reportage sur mon action et questions de Yann-Anthony Noghès

3. Interview BFM Business, mes réponses aux questions d’Hedwige Chevrillon

4. Réponses à Christophe Ono-dit-Biot du Point sur la moralisation de la vie politique

5. Face à face avec Valérie Pécresse

6. L’After RMC : mes réponses aux questions de Véronique Jacquier

Politiques d’austérité en Europe : ma réponse à Gaby Charroux lors des questions au gouvernement

Sur le sujet des politiques d’austérité en Europe, j’ai répondu ce mercredi 13 mars, lors de la séance de questions au Gouvernement de l’Assemblée nationale, à la question du député Gaby Charroux. Je l’ai affirmé, nous voulons une politique de sortie responsable de la crise.

Nous devons mener une politique qui concilie le sérieux budgétaire et la croissance.

« Un tournant, non, une nouvelle phase, oui » – Mon interview dans L’Express

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview parue dans L’Express ce mercredi 28 novembre.

Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne.

Jean-Louis Bourlanges, ex-député européen, dit de la politique économique de François Hollande : tout était écrit, mais, comme dans les contrats d’assurance, les choses désagréables l’étaient en petit. Approuvez-vous?

La formulation de Jean-Louis, qui est un ami, est amusante, mais laisse penser qu’il y aurait eu une dissimulation light de notre part, ce qui n’est pas vrai. Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne. J’en prendrai deux exemples. D’abord, le choix du sérieux budgétaire. A aucun moment, ni en 2011 ni en 2012, François Hollande ne s’en est écarté. C’est sur ce mandat qu’il a gagné la primaire, puis la présidentielle. Ensuite, le pacte productif. C’était le premier chapitre de son projet présidentiel, la création d’une banque publique d’investissement étant la mesure no 1. Le pacte de compétitivité reprend à la fois la lettre et l’esprit de ces engagements. Mais il est vrai que nous avons trouvé une situation plus dégradée que prévu, et que nous avons dû réagir plus fort et mettre notre démarche en œuvre à un rythme soutenu.

Vous avez tout de même parlé d’une « révolution copernicienne » : qu’est-ce à dire?

La révolution copernicienne, ce n’est pas un reniement, ce n’est pas un virage, ce n’est pas un tournant par rapport à la campagne de François Hollande, mais un changement profond par rapport aux traditions des politiques économiques en France, y compris celles des socialistes. La gauche, ce n’est pas l’augmentation systématique de la dépense. Etre de gauche, ce n’est pas d’emblée redistribuer, mais c’est penser d’abord à produire. Nous sommes en train de sortir du vieux débat entre socialisme de la production et socialisme de la redistribution, en inventant une politique économique qui marche sur ses deux jambes. La demande, car le pouvoir d’achat et la consommation intérieure sont une composante majeure de la croissance française, mais aussi l’offre, sur laquelle nous mettons clairement l’accent. En affirmant le triptyque de notre politique économique – le sérieux budgétaire, l’engagement européen vers une intégration solidaire, la compétitivité -, ce gouvernement, avec son style, aura en six mois imprimé plus de changements que n’importe quel autre de ses prédécesseurs depuis des décennies.

Nous avons une méthode, elle est sociale-démocrate, c’est celle du dialogue.

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« Notre révolution copernicienne » – Ma tribune dans « Libération »

Retrouvez ci-dessous ma tribune publiée dans le quotidien « Libération » daté du mardi 27 novembre :

Notre révolution copernicienne

Par Pierre Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances

Le dispositif gouvernemental pour la compétitivité, la croissance et l’emploi illustre à la fois cohérence stratégique, audace et ambition progressiste.

Avant même que le pacte pour la compétitivité ne révèle son contenu, les oracles avaient déjà livré leur verdict : le plan Gallois serait forcément «enterré» et les décisions réduites à l’état de «demi-mesures». La France poursuivrait son «déni» et resterait «l’homme malade de l’Europe». Aux antipodes d’un tableau aussi caricatural, le dispositif gouvernemental pour la compétitivité, la croissance et l’emploi illustre à la fois cohérence stratégique, audace et ambition progressiste.

Ce pacte, c’est d’abord la cohérence stratégique. Sérieux de gauche, intégration solidaire, pacte pour la compétitivité : tels sont les trois piliers de notre nouvelle approche qui, en six mois, a bouleversé le paysage économique. Oui, après dix ans d’errements qui avaient mis à mal la crédibilité de notre pays, il a d’abord fallu affirmer le sérieux budgétaire de gauche. Nous menons une action résolue pour nous désendetter et retrouver des marges de manœuvre dédiées à la construction d’une société revivifiée. Dès l’été, nous avons présenté un collectif budgétaire indispensable pour enrayer la dérive des finances publiques léguée par nos prédécesseurs. Puis nous avons élaboré un projet de loi de finances pour 2013 exigeant un effort d’une ampleur sans précédent : 30 milliards d’euros pour stopper, enfin, l’hémorragie de la dette. Nous l’avons fait dans la justice et en veillant à soulager le pouvoir d’achat des Français par des mesures ciblées : revalorisation du Smic, baisse du prix des carburants, encadrement des loyers, hausse de l’allocation de rentrée scolaire. Le changement est là.

Je suis persuadé que l’Europe reste notre avenir, et l’union politique l’horizon de sa refondation.

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« Une révolution pour la gauche » [Le Républicain Lorrain]

Mon interview de jeudi dernier au Républicain Lorrain sur le pacte de compétitivité, la croissance, la TVA, l’avenir de PSA et le financement des collectivités locales.

Le pacte de compétitivité, c’est baisser les impôts pour les entreprises, et augmenter la TVA pour les consommateurs. Est-ce vraiment socialiste ?

Pierre MOSCOVICI : « La politique économique du gouvernement est un triptyque, qui exigeait des choix courageux : le sérieux budgétaire, la levée des incertitudes européennes, et la compétitivité. C’est une révolution copernicienne pour la gauche, et plus largement pour notre pays. J’ai toujours dit que compétitivité n’était pas un gros mot pour un homme de gauche et qu’il fallait l’aborder de manière globale. Nous aurions été fautifs de ne pas agir sur le coût du travail, tant le diagnostic sur ce point du rapport de Louis Gallois est précis et convaincant. Cela n’est pas le seul problème, mais c’est un vrai problème. Il fallait répondre par une mesure puissante, immédiate, efficace : c’est le crédit d’impôt compétitivité et emploi, qui permettra la création de 300 000 emplois et l’augmentation de 0,5 % du PIB dans le quinquennat. »

Nous faisons un usage plus juste de la TVA.

Mais il y aura bien une « TVA sociale »…

«Non, ce n’est pas la TVA Sarkozy ! Elle entre en vigueur en 2014, pas en 2012 en pleine crise, car nous n’avons pas voulu toucher davantage le pouvoir d’achat en 2013, compte tenu des efforts importants que nous demandons pour réduire le déficit public. De plus, nous faisons un usage plus juste de la TVA : Nicolas Sarkozy avait touché uniquement au taux normal, majoré de 1,6 point, alors que nous l’augmenterons de 0,4 point seulement, en abaissant le taux réduit, qui concerne notamment l’alimentation, de 5.5 % à 5 %. Au total, nous faisons deux fois plus pour la compétitivité avec deux fois moins de TVA que Nicolas Sarkozy. »

Mme Parisot parle « d’avancée significative », tandis que M. Mélenchon qualifie le plan de « lamentable ». Cela pose question à votre électorat…

« Je regrette que M. Mélenchon se laisse aller à de telles facilités. Il se trompe. Les Français de gauche veulent le redressement du pays, et ils savent que nous faisons les efforts indispensables. Des voix s’élèveront, et exprimeront des positions traditionnelles. Je les comprends, il y a un travail intense de pédagogie à faire. Et il y a une bataille politique à mener, contre la droite : comment osent-ils nous donner des leçons sur la compétitivité, eux qui l’ont dégradée à force de ne pas agir ou de faire les mauvais choix ? »

Vous avez souvent cité le rapport Attali. Préparez-vous des mesures sur les professions réglementées, comme les taxis ou les notaires ?

« Le rapport Attali reste une source d’inspiration, par exemple sur la stabilité des réglementations. Mais s’agissant des professions réglementées, je dirais qu’il nous faut mobiliser tout le monde, plutôt que d’ouvrir de nouveaux fronts. »

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Pierre Moscovici – PLF 2013 et projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2012 à 2017

Pierre Moscovici, Ministre de l’Économie et des Finances, est intervenu mardi 16 octobre 2012 à l’Assemblée Nationale durant la 1ère séance, dans le cadre du débat sur le projet de loi de finances pour 2013 et sur le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2012 à 2017.

Retrouvez ci-dessous le texte de son intervention (seul le prononcé fait foi) :

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des finances,

Monsieur le Rapporteur général,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Une croissance plus forte, plus équilibrée et plus solidaire – voilà ce à quoi le Gouvernement travaille, voilà le cadre dans lequel s’inscrivent les textes financiers que nous discutons aujourd’hui, le projet de loi de finances pour 2013 et le projet de loi de programmation des finances publiques.

Il existe une voie pour à la fois résorber la dette, réduire les inégalités, et relancer la croissance et l’emploi. Cette voie est étroite et singulière : c’est celle qu’a définie François Hollande pendant la campagne présidentielle, c’est celle que les Français ont appelé de leurs vœux. Rien ne nous en détournera. Je veux la tracer, l’expliquer devant vous aujourd’hui.

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