Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Le socialisme de l’offre (10/15)

Retrouvez un nouvel extrait de mon livre, consacré aujourd’hui au socialisme de l’offre.

 

 

 

Extrait 10 : le socialisme de l’offre

 

 

 

« Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l’offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande. Aujourd’hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive. » Ces mots, que le président de la République prononce lors de sa conférence de presse de novembre 2012, donnent la ligne de la politique économique du gouvernement.

 

 

 

C’est l’honneur de ce gouvernement, suite au rapport Gallois, d’avoir laissé de côté une position partiellement idéologique et très datée, et d’avoir pris la mesure d’un enjeu national.

 

 

 

« À gauche, même du temps de Lionel Jospin ou de François Mitterrand, personne n’a jamais été partisan d’une telle politique, estimant que trouver un compromis avec les entreprises revenait à mener une politique libérale », estime le politologue Gérard Grunberg. Manière de dire que nous avons fait, sur ce point, notre aggiornamento. Dans l’opposition, nous avons rejeté toute idée que la France souffrait d’un problème de compétitivité liée au coût du travail. C’est l’honneur de ce gouvernement, suite au rapport Gallois, d’avoir laissé de côté une position partiellement idéologique et très datée, et d’avoir pris la mesure d’un enjeu national.

 

 

 

Aux côtés du président de la République et de Jean-Marc Ayrault, j’ai contribué à concevoir, puis largement porté, le Pacte pour la compétitivité, la croissance et l’emploi

 

 

 

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« Un tournant, non, une nouvelle phase, oui » – Mon interview dans L’Express

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview parue dans L’Express ce mercredi 28 novembre.

Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne.

Jean-Louis Bourlanges, ex-député européen, dit de la politique économique de François Hollande : tout était écrit, mais, comme dans les contrats d’assurance, les choses désagréables l’étaient en petit. Approuvez-vous?

La formulation de Jean-Louis, qui est un ami, est amusante, mais laisse penser qu’il y aurait eu une dissimulation light de notre part, ce qui n’est pas vrai. Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne. J’en prendrai deux exemples. D’abord, le choix du sérieux budgétaire. A aucun moment, ni en 2011 ni en 2012, François Hollande ne s’en est écarté. C’est sur ce mandat qu’il a gagné la primaire, puis la présidentielle. Ensuite, le pacte productif. C’était le premier chapitre de son projet présidentiel, la création d’une banque publique d’investissement étant la mesure no 1. Le pacte de compétitivité reprend à la fois la lettre et l’esprit de ces engagements. Mais il est vrai que nous avons trouvé une situation plus dégradée que prévu, et que nous avons dû réagir plus fort et mettre notre démarche en œuvre à un rythme soutenu.

Vous avez tout de même parlé d’une « révolution copernicienne » : qu’est-ce à dire?

La révolution copernicienne, ce n’est pas un reniement, ce n’est pas un virage, ce n’est pas un tournant par rapport à la campagne de François Hollande, mais un changement profond par rapport aux traditions des politiques économiques en France, y compris celles des socialistes. La gauche, ce n’est pas l’augmentation systématique de la dépense. Etre de gauche, ce n’est pas d’emblée redistribuer, mais c’est penser d’abord à produire. Nous sommes en train de sortir du vieux débat entre socialisme de la production et socialisme de la redistribution, en inventant une politique économique qui marche sur ses deux jambes. La demande, car le pouvoir d’achat et la consommation intérieure sont une composante majeure de la croissance française, mais aussi l’offre, sur laquelle nous mettons clairement l’accent. En affirmant le triptyque de notre politique économique – le sérieux budgétaire, l’engagement européen vers une intégration solidaire, la compétitivité -, ce gouvernement, avec son style, aura en six mois imprimé plus de changements que n’importe quel autre de ses prédécesseurs depuis des décennies.

Nous avons une méthode, elle est sociale-démocrate, c’est celle du dialogue.

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