Mon interview par J-M Aphatie sur RTL ce matin : « le taux du Livret A passera à 1,75% »

A voir ci-dessous, la vidéo de mon interview par Jean-Michel Aphatie sur RTL ce matin. J’y ai abordé les sujets suivants : le taux du Livret A à 1,75%, le pouvoir d’achat des Français, l’accord sur une réforme du marché du travail, PSA, et la taxe à 75%.

Le script de cette interview :

 »  Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Pierre Moscovici,

Pierre Moscovici : Bonjour, Jean-Michel Aphatie,

Le gouverneur de la Banque de France vous propose de ramener au 1er février la rémunération du Livret A de 2,25 à 1,75. Suivrez-vous cette recommandation ?

Je suivrai cette recommandation ; et donc le taux du Livret A sera bien à 1,75%. Mais peut-être faut-il expliquer le processus.

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Pierre Moscovici invité du « Grand Journal »

Pierre Moscovici était lundi l’invité du « Grand Journal » de Canal +. Il a participé à un débat qui l’a opposé à Nathalie Kosciusko-Morizet.

Partie 1:

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Partie 2:

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L’iniquité

Usine

Le gouvernement, par la voix d’Eric Woerth, vient de faire connaître, enfin, son projet de « réforme » des retraites. Le dispositif est maintenant arrêté : recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans d’ici à 2018 – contrairement aux engagements pris par Nicolas Sarkozy, qui reconnaissait n’avoir « pas de mandat pour cela » – prise en compte homéopathique de la pénibilité, rapprochement des régimes du privé et de la fonction publique, prélèvements plus que modérés sur les hauts revenus, entaillant à peine le bouclier fiscal, utilisation à des fins conjoncturelles du Fonds de réserve pour les retraites (FRR). Ce n’est pas le lieu ici de discuter en détail ces propositions : des argumentaires seront disponibles à cet effet sur le site du Parti socialiste. Je veux en revanche souligner plusieurs points de cette démarche, qui constitue, pour reprendre le mot de Clemenceau, une formidable iniquité.

Un mot, d’abord, sur le calendrier. Il s’agit, certes, d’un problème formel et non essentiel. Mais on ne peut qu’être frappé par la tentative, pas nécessairement malhabile mais à courte vue, d’esquiver la confrontation sociale et le débat politique. Présentation du projet en pleine coupe du monde de football, adoption à la veille du 14 juillet, dépôt devant le Parlement au moment de la rentrée scolaire, le tout après un simulacre de concertation qui a ressemblé à une partie de cache-cache, et au terme d’un lent et progressif dévoilement : la gestion du temps par le pouvoir a visé à déminer le conflit, à dévitaliser les oppositions.

Présentation du projet en pleine coupe du monde de football, adoption à la veille du 14 juillet, dépôt devant le Parlement au moment de la rentrée scolaire, le tout après un simulacre de concertation qui a ressemblé à une partie de cache-cache, et au terme d’un lent et progressif dévoilement : la gestion du temps par le pouvoir a visé à déminer le conflit, à dévitaliser les oppositions.

Force est de constater que, jusqu’à présent, la mobilisation – face à un objet il est vrai mal identifié – est restée modeste. Mais j’ai la conviction qu’il s’agit là d’un calcul assez pauvre. Le gouvernement, faute d’avoir conduit une vraie négociation et d’avoir respecté ses partenaires, a vu au contraire se durcir le front syndical, y compris en braquant la CFDT, hier partenaire constructif pour d’autres réformes, aujourd’hui résolument hostile à la retraite à 62 ans. Nicolas Sarkozy fuit comme la peste les mouvements de la rue : il nourrit, par sa stratégie du contournement, un ressentiment qui, du coup, faute d’être exprimé et écouté, sera plus sourd, mais plus durable et plus profond. Je crois, par ailleurs, tout à fait possible que la rentrée sociale soit très tendue.

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