Mon interview à l’émission Dimanche+ sur Canal+

J’étais dimanche 28 octobre l’invité de l’émission Dimanche+ sur Canal+, présentée par Anne-Sophie Lapix.

J’y ai abordé les sujets de la politique du Gouvernement, de la compétitivité, du pouvoir d’achat, et de PSA.

Première partie (à partir de 03:15) :


Deuxième partie :


L’illusionniste

Nicolas Sarkozy excelle, on le sait, dans l’art de la poudre aux yeux. Face à des sondages qui le donnent tous perdant, à une côte de popularité qui ne décolle pas et à la colère si évidente des Français, il persiste et signe : il continue à chercher le « coup » médiatique, sans aucune cohérence, sans vision pour la France et en totale contradiction avec ce qu’il a pu affirmer auparavant.

Nicolas Sarkozy veut faire croire que rien n’est de sa faute, ni les déficits qui explosent, ni la dette, ni le chômage.

Ainsi en va-t-il de l’épisode de la taxe sur les transactions financières. Le candidat sortant a annoncé que la France n’attendrait pas ses voisins pour l’instaurer. Il a ainsi provoqué l’embarras et la distance d’Angela Merkel, guère surprenants tant elle considère la France de Nicolas Sarkozy comme un partenaire peu fiable. Bien sûr, celui-ci veut faire croire depuis quelques semaines que rien n’est de sa faute, ni les déficits qui explosent, ni la dette, ni le chômage. Il joue au Président apaisé, sans passif, presque sans histoire, entrant vierge dans l’élection présidentielle. Pourtant, cette fois, la ficelle est un peu grosse. Que celui-là même qui s’était fait en 2007 le chantre  d’une rupture libérale pour la France se pose en premier défenseur d’une taxe longtemps portée par les alter mondialistes, promue par les socialistes au sein du PSE, défendue par eux au Parlement européen, comme par hasard à quelques semaines du scrutin décisif et quelques jours après les annonces du gouvernement sur la TVA sociale, ne trompe personne.

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Combat

Comme je vous l’avais laissé entendre dans mon dernier post avant les fêtes, à nouvelle année, nouvelle étape – ou au moins nouvelle phase. Cette expression, j’en suis conscient, est galvaudée, donc difficile à manier : il y a eu, par le passé, tant de « nouveaux souffles » annoncés, qui n’ont jamais démarré en vérité, qu’il convenait d’être prudent. Et nous avions bien sûr, avec François Hollande, entamé notre campagne dès la désignation de notre candidat. Mais mon pari n’était pas risqué. Il était logique, après les primaires, à six mois de l’élection, qu’il y ait une phase de mise en place des équipes, de travail sur les idées, de préparation du projet, de conclusion des accords électoraux, de rééquilibrage des temps de parole. Il était tout aussi clair qu’avec 2012, à 110 jours de l’élection, la confrontation allait prendre un tour plus vif, plus direct. Nous y sommes, et ces premiers jours de janvier sont déjà riches d’enseignements.

Il se dépeindra aussi en Président protecteur et réformateur – c’est le sens du lancement de la « TVA sociale », supposée protéger des délocalisations, de la taxe sur les transactions financières ou de ses propositions très libérales pour l’éducation nationale.

La stratégie du candidat sortant est, en effet, désormais limpide, et elle est double. Nicolas Sarkozy, tout d’abord, va essayer de « naturaliser » sa candidature, de laisser penser qu’il n’y a qu’une seule politique possible, la sienne, de barrer la route à la conduite d’une approche alternative. Il va tenter de se dépeindre en capitaine courageux, en leader expérimenté, seul à même de tirer le pays du mauvais pas d’une crise internationale. Pour cela, il va tirer jusqu’au bout sur la ficelle européenne, multipliant les sommets et les rencontres, mettant en scène son activisme, s’appuyant sur les leçons de l’étranger pour laisser croire qu’il n’y a pas d’autre approche possible que celle de l’austérité. Il se dépeindra aussi en Président protecteur et réformateur – c’est le sens du lancement de la « TVA sociale », supposée protéger des délocalisations, de la taxe sur les transactions financières ou de ses propositions très libérales pour l’éducation nationale.

Car aucune hausse de TVA ne peut être sociale.

Je suis convaincu que cela ne peut pas marcher, que cela ne marchera pas. Les Français on le sait, sont opposés à la « TVA sociale ». Ils l’ont dit avec force en 2007, entre les deux tours des élections législatives, les enquêtes d’opinion le confirment aujourd’hui. Il ne s’agit pas là, contrairement à ce que prétend Jean-François Copé, inspirateur comme souvent malheureux et peut-être mal intentionné du Chef de l’Etat, d’un réflexe conservateur, mais d’une réaction de bon sens. Car aucune hausse de TVA ne peut être sociale. Alléger des cotisations sociales pour les transférer sur l’impôt sur la consommation, payé par tous les Français, c’est faire payer les couches populaires et les classes moyennes, c’est atteindre le pouvoir d’achat – sauf à augmenter d’autant les salaires, ce qui n’est manifestement pas à l’ordre du jour. L’injustice est flagrante.

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