Ma tribune parue aujourd’hui dans Le Monde : L’union bancaire est une avancée politique pour tous les peuples d’Europe

Je vous invite à lire ci-dessous ma tribune dans Le Monde sur l’union bancaire, intitulée « L’union bancaire est une avancée politique pour tous les peuples d’Europe ».

 

L’union bancaire est une avancée politique pour tous les peuples d’Europe

 

Les ministres des finances des vingt-huit pays européens ont conclu, le 18 décembre, un accord historique qui donne vie à l’union bancaire.

Les ministres des finances des vingt-huit pays européens ont conclu, le 18 décembre, un accord historique qui donne vie à l’union bancaire : c’est la plus grande étape d’intégration financière en Europe depuis la création de la monnaie unique. L’union bancaire décidée au sommet européen de juin 2012 à l’initiative du président de la République, construite en un an et demi, va voir le jour dans le calendrier imparti. C’est l’aboutissement d’un engagement politique déterminé, suivi d’une mise en œuvre résolue.

A travers l’union bancaire s’affirme une ambition politique nouvelle, pour l’Europe et pour ses peuples.

 L’ensemble des composantes de l’union bancaire – la supervision européenne intégrée, les mécanismes de résolution des crises, la garantie des dépôts – sont autant de digues pour ramener la finance dans son lit.

L’union bancaire porte d’abord l’ambition de reprendre la main après trois décennies de dérégulation financière qui ont mené l’Europe au bord de l’abîme. L’ensemble des composantes de l’union bancaire – la supervision européenne intégrée, les mécanismes de résolution des crises, la garantie des dépôts – sont autant de digues pour ramener la finance dans son lit et tourner définitivement la page de l’instabilité financière, qui a été à l’origine de la crise de 2008.

Au cœur de cette action, nous avons créé une supervision unique en zone euro, confiée à la Banque centrale européenne, pour suivre un secteur financier qui a depuis longtemps cessé d’opérer dans un cadre seulement national.

L’union bancaire est aussi porteuse d’une vaste ambition de moralisation pour la finance. Nous avons créé un mécanisme unique à l’échelle de la zone euro, chargé d’organiser une faillite ou, au contraire, la continuité de l’activité d’une banque en difficulté. Il n’est plus question pour les gouvernements d’être obligés de renflouer des établissements supposés too big to fail (« trop importants pour pouvoir disparaître ») pour éviter une déstabilisation de leur économie. Ces sauvetages pèsent lourdement sur la dette publique et les contribuables.

 Ce nouveau système sera juste : en cas de difficulté, ce ne seront plus les contribuables, mais désormais les créanciers et les actionnaires des banques qui seront les premiers mis à contribution.

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Arrivée au Conseil ECOFIN aujourd’hui : mon interview

Retrouvez ci-dessous mes réponses à la presse à mon arrivée au Conseil ECOFIN, Conseil pour les Affaires Économiques et Financières, à Bruxelles, ce mercredi 18 décembre. Je m’y exprime sur le mécanisme de résolution unique et sur l’union bancaire.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Ma réponse au député Franck Montaugé sur l’union bancaire – QAG

Cet après-midi à l’Assemblée nationale, j’ai répondu à Franck Montaugé sur l’union bancaire et ses enjeux, lors de la séance de questions au gouvernement. Avec trois dimensions essentielles que nous défendons : la supervision, la garantie des dépôts, et le mécanisme de résolution unique.

L’union bancaire est un chantier absolument décisif qui donne tout son sens à l’union monétaire.

 

 

Mon point presse cette nuit à la fin de la réunion de l’ECOFIN à Bruxelles

J’ai tenu cette nuit une conférence de presse à la fin de la réunion de l’ECOFIN à Bruxelles. Nous avons fait des progrès tout à fait décisifs sur le mécanisme de résolution unique, dont je présente les détails dans les vidéos ci-dessous.

Voici les différentes séquences de ce point presse :

Partie 1/6 :

Partie 2/6 :

Partie 3/6 :

Partie 4/6 (questions-réponses) : Continuer la lecture

Interview à mon arrivée au Conseil ECOFIN ce matin à Bruxelles

A visionner ci-dessous, l’interview que j’ai donnée à mon arrivée au Conseil pour les Affaires Économiques et Financières (ECOFIN), ce mardi 10 décembre 2013, à Bruxelles. Nous agissons pour renforcer la stabilité financière en Europe, à travers des mécanismes communs et une supervision qui se met en place.

L’union bancaire sera une pierre supplémentaire dans la construction de l’union politique en Europe.

Vidéos de mon arrivée à la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe à Bruxelles

Je vous invite à visionner ci-dessous les vidéos de mon arrivée aujourd’hui à la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe à Bruxelles, avec pour ordre du jour l’étude avec nos partenaires des projets budgétaires des Etats membres de la zone euro et des avis formulés par la Commission européenne sur ces derniers. Je m’exprime aussi sur la nécessité d’une véritable Union bancaire, sur celle d’un budget de la zone euro, ou encore d’un président permanent et exclusif de l’Eurogroupe.

L’accent doit désormais être mis sur la croissance : tous nos efforts doivent tendre vers le sérieux budgétaire, mais aussi vers la croissance, la compétitivité et l’investissement.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

 

Interview à mon arrivée à l’ECOFIN ce matin à Bruxelles

Union bancaire, Europe de la croissance et de l’emploi, avis de la Commission européenne sur les budgets nationaux : mon interview ce matin à mon arrivée à la réunion de l’ECOFIN à Bruxelles à voir ci-dessous.

La France a mené beaucoup de réformes structurelles depuis 18 mois et a fait un travail très sérieux de réduction de ses déficits.

 

Mon allocution d’ouverture à la Conférence Europa hier

J’ai prononcé hier à Paris l’allocution d’ouverture de la Conférence Europa, organisée par EuropaNova. Cette Conférence permet de rassembler une soixantaine d’acteurs européens engagés, qui mènent ensemble une réflexion d’ampleur sur l’Europe, et proposent des initiatives et projets innovants, qui seront la base de propositions de réformes ambitieuses. J’ai rappelé lors de cette Conférence Europa mon attachement profond à l’Europe, intimement lié à mes convictions progressistes et européennes.

Voici le texte de mon allocution d’ouverture :

 

Discours de Pierre MOSCOVICI, Ministre de l’Economie et des Finances

Conférence EuropaNova

Allocution d’ouverture

Merci, Monsieur le Président, pour cette introduction,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec plaisir que j’ai accepté cette invitation. Je remercie plus particulièrement EuropaNova, et j’en profite pour lui souhaiter le meilleur anniversaire pour ses dix ans : sa contribution pour faire vivre l’espace public européen est précieuse.

L’Europe est le fil directeur de ma vie politique, et elle y a occupé suffisamment de place pour que je trouve aujourd’hui sur mon chemin de nombreux visages familiers, au gré des rencontres et des évènements.

J’ai tout particulièrement plaisir à ouvrir cette conférence aux côtés d’Enrico Letta, que j’ai bien connu dans une vie antérieure, à l’époque où j’étais jeune ministre aux affaires européennes dans le gouvernement Jospin, et lui encore plus jeune ministre des politiques européennes dans le gouvernement de Massimo d’Alema. Nous avons depuis, tous les deux, fait du chemin, mais nous avons gardé des engagements communs, et une amitié personnelle. Nous sommes tous les deux des réformistes à la sensibilité européenne affirmée, et nous voulons tous deux aujourd’hui, dans nos responsabilités, dans l’action politique, impulser le changement. Le point de vue que je voudrais partager brièvement avec vous aujourd’hui est donc marqué par ces convictions, à la fois progressistes et européennes.

L’Europe est l’’exemple le plus abouti, la réalisation unique et exceptionnelle d’une ambition d’intégration régionale totalement originale.

Partageons d’abord un diagnostic lucide : aujourd’hui, l’Europe est inquiète. Elle doute, et elle doute d’abord d’elle-même. Elle est le premier pôle économique dans le monde, mais elle n’a pas su protéger ses citoyens de la crise, et cela a alimenté leur défiance. Son poids compte sur la scène internationale, mais sa voix ne porte pas assez, et elle s’interroge sur son déclin. Elle exerce une puissante force d’attraction sur ses voisins, mais certains la combattent de l’intérieur. Elle est l’exemple le plus abouti, la réalisation unique et exceptionnelle d’une ambition d’intégration régionale totalement originale, et pourtant on n’a jamais autant parlé des lignes de fracture qui la parcourent. Ce paradoxe, cette confusion, je la ressens très fortement, comme Ministre de l’Economie et des Finances.

Dans les moments de crise, il est toujours utile de revenir aux sources, aux fondements, pour y puiser l’inspiration. D’où l’Europe est-elle née ? Elle est née d’une interrogation, profonde, ontologique même, sur la puissance. L’histoire tragique des Nations européennes du début du XXème siècle, c’est celle d’Etats qui se sont engagés dans une course à la puissance qui a débouché sur des tragédies d’une noirceur inconcevable. C’est aussi celle de Nations qui ont toutes apporté des réponses variées, mais dramatiquement conventionnelles, et donc fatales, à l’interrogation suivante : « Qu’est-ce que la puissance ? ». La puissance, telle que les Nations la définissaient à l’époque, c’était le contrôle de l’espace géographique, la domination militaire, le jeu des alliances bilatérales, la profondeur des ressources des empires ultramarins…

Cette définition-là de la puissance est forcément relative, et elle est forcément conflictuelle. Tous les recoins sombres et douloureux de notre histoire commune nous le rappellent. Ils l’ont aussi définitivement décrédibilisée. Après la seconde guerre mondiale, la question de la puissance était toujours ouverte. Mais cette fois, nourrie par l’histoire, une réponse fondamentalement originale et novatrice, dont on ne mesure même pas encore bien la portée et les implications aujourd’hui, a été formulée : la puissance, c’est l’interdépendance. Le fondement de l’idée européenne, il est là, dans ce remplacement d’une définition profondément délétère de la puissance par une définition prometteuse et porteuse d’autre chose que le chaos. Il y a une statistique que j’aime bien, parce que je la trouve formidablement révélatrice dans sa simplicité de ce qu’est l’Europe aujourd’hui : le premier pays client de la France, c’est l’Allemagne – juste devant l’Italie d’ailleurs. Le premier fournisseur de la France, c’est aussi l’Allemagne avant l’Italie qui est troisième. Je pourrais multiplier à l’infini les exemples comme celui-ci : la réalité de nos interdépendances, elle est incontestable. Et j’ajoute que la création de la monnaie unique n’est pas une étape « de plus » de cette construction de nos interdépendances, elle en est l’incarnation la plus absolue. Avec une conclusion immédiate : c’est ensemble qu’on perd, c’est ensemble qu’on gagne.

Quand je dis que cette substitution des définitions de la puissance a été un bouleversement, je le pense vraiment. Je pense même que cela a été un bouleversement tellement profond que certains n’ont toujours pas pleinement réalisé ses implications. Peut-être d’ailleurs faut-il pour se rendre compte de cela, regarder l’Europe, et notamment la zone euro, avec les yeux de l’étranger. J’ai fait énormément de déplacements à l’international, dans les premiers mois de mon mandat – à Hong-Kong, aux Etats-Unis, en Suisse, au Canada, en Côte d’Ivoire… – pour promouvoir l’attractivité de la France et ses réformes économiques. Etre VRP de l’économie de son pays, ça fait partie de la description du poste. Dans tous ces pays, on me disait à chaque fois : d’accord, la France se réforme, mais parlez-nous de l’attractivité de la zone euro. Manière de souligner à quel point les destins de ses membres sont liés : curieusement, c’est peut-être ceux qui nous regardent de l’extérieur qui voient le mieux nos interdépendances.

L’intérêt commun, qu’est-ce que c’est ? Ce sont des disciplines, pour le faire respecter. Ce sont des solidarités, pour l’incarner et l’exercer effectivement. Ce sont des procédures et des institutions, pour le définir ensemble.

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