Un bon départ

Comme chaque année depuis 1990 – date de mon entrée au Secrétariat national du Parti socialiste, après le funeste Congrès de Rennes – j’ai passé le dernier week-end d’août à La Rochelle, lieu de notre traditionnelle Université d’été.

Je ne suis pas, je l’avoue, un fan de ces rencontres. Si j’apprécie la chaleur des militants, qui récompense des efforts faits au service de la cause politique que je défends, si j’aime y retrouver mes amis, je suis moins enthousiaste de l’aspect « festival de Cannes » de cette manifestation chaque année plus importante – cette édition, m’a-t-on dit, a vu 5 000 participants. Il faudrait, me semble-t-il, revenir à un module plus modeste – quitte à l’organiser plusieurs fois dans l’année – seul à même de conserver à ce rendez-vous son caractère d’université, sa vocation formatrice, de rendre à nos plénières et ateliers le caractère de vrais débats ouverts à des intellectuels, syndicalistes, acteurs sociaux, qui doit être le leur, plutôt que de les transformer en forum pour les différentes personnalités et sensibilités du parti. Et puis, il y a la présence, l’omni-présence même des médias. Je n’ai rien contre eux, au contraire – même si je ne me plie pas toujours à leurs règles particulières, ce qui me fait parfois passer pour rugueux. Mais la médiatisation frénétique nous contraint, les uns et les autres, à des jeux de rôle qui peuvent, parfois, être excessifs voire désagréables.

La foule était immense, les caméras innombrables, et d’aucuns redoutaient un climat dur, voire délétère.

Le cru 2011 était, bien sûr, particulier. Il s’agissait, en effet, de notre dernière rencontre collective avant les primaires, qui trancheront, enfin, la question du leadership socialiste, contribueront à clarifier nos options, et surtout désigneront celui ou celle d’entre nous qui affrontera Nicolas Sarkozy pour permettre, enfin, l’alternance et l’élection d’un Président de la République socialiste. La foule était immense, les caméras innombrables, et d’aucuns redoutaient un climat dur, voire délétère. Il est vrai que tout ne s’annonçait pas forcément sous les meilleurs auspices. En effet, comme j’ai eu l’occasion de le souligner sur RTL il y a quelques jours, l’organisation de l’Université d’été elle-même pouvait à certains égards paraître déséquilibrée – pas de langue de bois, elle l’était sans ambiguïté. Certains pouvaient craindre les claques et les clans – nous avons connu, dans notre histoire de tristes précédents – alors que d’autres pouvaient songer à les organiser.

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